Énergie 
Droit à l'énergie
…
Y
a de l'air dans le gaz
Ca bosse à
l'EDF
L'offensive du
sévice public à la française
Combien de temps
encore EDF jouera au Monopoly ?
La libéralisation
de l’électricité : un enjeu européen
Chirac
rassure la CGT
Publication
judiciaire
La
tempête
La
tempête (suite)
Pantomime
à Barcelone
Lettre
type de réclamation au sujet de la "Contribution au Sévice Public de
l'Énergie"
Ouverture
du marché de l'énergie : un dossier informé
A l'heure où l'on
établit un droit à l'énergie minimale pour les plus pauvres d'entre nous,
incapables de régler leur facture d'électricité, l'on menace d'exclure de
ce droit les défenseur de la libre propriété
!!!!!
Le droit positif (donc
abusif) de consommer sans payer ne fait plus l'objet d'une discussion chez
nos hérauts du "sévice public", par contre c'est le droit même de vivre
pour les hommes libres qui est attaqué par le monopole étatique malfaisant
d'EDF.
Je m'emballe direz-vous, mais écoutez plutôt cela
:
Quittant ce 6 avril mon
domicile à 9 h 30 pour me rendre sur mon lieu de travail (oui, je sais, il
y en a parmi vous qui commencent plus tôt, mais je suis prof donc ....),
j'entends au sortir de mon studio, un furieux pressant toutes les
sonneries de notre interphone.
Descendant les escaliers
après avoir avisé la camionnette bleue type d'EDF, j'ouvre au quidam. A la
hâte de rejoindre mon train monopolisé d'État (SNCF), j'accompagne
cependant l'agent de l'État jusqu'aux compteurs.
Serviable, je fus mal
récompensé, le gars en question m'agresse d'un "vos interphones ne sont
pas conformes !".
Tiens étonné, je lui
demande en quoi, calmement, et posément il me répond "cela fait plusieurs
mois que j'essaie d'avoir accès aux compteurs et je ne peux pas rentrer
dans votre immeuble". Bien sûr, dis-je, il s'agit d'une copropriété
(privée s'entend), il appartient donc aux copropriétaires de contrôler
l'accès à l'appartement.
Sur ce, le type bandit les
arguments types de nos oppresseurs "C'est pas légal, il faut que vous
installiez un interphone avec clé Denis", il me montre ladite clé, "sinon
vous êtes dans l'illégalité". La grande affaire que voilà, mon brave
monsieur, cette clé circule partout, n'importe quel malfaisant pourrait
alors rentrer chez nous. C'est un autre problème répond-il, z'êtes obligés
d'avoir ce type d'interphone pour les pompiers, la police, je vais donc
signaler ce problème à ma direction pour qu'ils prennent contact avec
votre syndic. Là, je rétorque "c'est moi le syndic et il n'est pas
question de laisser n'importe qui entrer sans contrôle, il faut signaler
votre passage à l'avance pour que nous nous organisions". Notre quidam
ment alors effrontément prétendant avoir laissé un avis de passage, or si
c'était le cas il n'aurait pu nous échapper.
Enfin, la menace suprême
est brandie : "puisque vous refusez de nous laisser accéder librement à
l'immeuble, nous sommes en droit de vous couper l'électricité !", suivi du
fameux ."j'en référerais".
J'attends donc de pied
ferme des nouvelles d'EDF.
Résumons l'affaire
:
EDF passe dans les
immeubles privés sans émettre d'avis de passage (au contraire des
immeubles publics).
EDF exige de pouvoir
pénétrer sans avertir dans n'importe quel lieu privé, pourtant EDF
n'exige pas des locataires publics une installation leur laissant libre
accès.
L'agent d'EDF reconnaît que
les truands peuvent avoir la même clé que lui, mais "c'est un autre
problème", notre sécurité et intégrité ne font pas partie de ses
préoccupation, c'est cela le "service public".
L'État aurait fait passer
des lois au bénéfice d'EDF et consorts, décidant de quel interphone
était réglementaire et chargeant les propriétaires de payer de leurs
charges la soumission aux intrus
étatiques.
Solution, laisser toutes
les portes ouvertes dans la copropriété et acquérir un gentil Rottweiler
qui aimerait tous ses braves maîtres et qui se chargerait d'accueillir nos
agents de l'État. Mais attention, si par quelque mystère notre gentil
compagnon bouffait un agent de l'État, nous serions responsables en dépit
de la violation manifeste de propriété.
Donc une meilleure solution
serait d'unir les syndics bénévoles comme moi avec les autres syndics et
propriétaires, d'atteindre une taille critique qui nous permettrait de
rémunérer un gardien filtrant l'entrée d'intrus dans notre rue. Nous
pourrions assurer l'entretien et le bon fonctionnement de la rue, comme
n'importe quelle copropriété. Ce me semble être l'amorce d'une solution.
Ensuite nous choisirions en AG de copropriété nos fournisseurs d'eau et
d'électricité selon des critères concurrentiels et de service. Il nous
appartient donc de nous mobiliser, de saisir les élus locaux, les
associations d'usagers, parler à nos voisins et révéler l'ignominie d'EDF
et consorts. Je compte sur vous.
Sachez que faute d'œuvrer
dans ce sens, des agents de l'État pourront sous le moindre prétexte
(suspicion de fraude et autres inquisitions) décider de violer votre
propriété (quel sens peut donc avoir la propriété privée dans ce pays en
ce cas ?), votre intimité. Ils pourront par caprice décider de vous priver
d'énergie, alors que deviendrez-vous ? Acceptez de vous plier comme des
moutons aux diktats de ces super-privilégiés vivant de vos capacités
contribuables et demain tout ce que vous avez sera pillé, dévasté, grâce à
ces passes que n'importe quel truand peut se procurer. Au mieux vous
n'aurez plus rien, au pire agressions, viols pourront avoir lieu à votre
domicile. Les coresponsables nous les connaissons, nous les nommons :
EDF
J'engage tous nos
amis de la liste à me communiquer toutes les difficultés qu'ils auraient
pu rencontrer vis-à-vis des monopoleurs-exploiteurs que ce soit en France,
en Suisse, en Belgique et ailleurs, nous préparons pour la version
française d'EuroLibertarians le fameux "Observatoire des Sévices
publics"
En ce qui me concerne cette
affaire n'en restera pas là, je compte sur votre soutien, réfléchissons
ensemble au problème. Nos amis juristes sont également sollicités à titre
gracieux afin que nous puissions étudier ou établir une jurisprudence sur
les abus d'EDF, la défense de la propriété et la rétrocession des rues à
leurs propriétaires.
Xavier COLLET, le 19 juin
1999
Y
a de l'air dans le gaz
Le gaz est venu dans la commune de
Paray-Vieille-Poste en 1994.
J'étais content car j'avais une
vieille chaudière au fioul qui ne fonctionnait plus bien. Les brûleurs à
fioul sont délicats à régler et souvent la chaudière
s'encrasse.
J'ai envoyé mon épouse se renseigner à la mairie et
elle est revenue avec un formulaire pour se relier à la conduite de
gaz.
J'ai été un des premiers à être relié avec une prime pour les
premiers demandeurs.
Nous avons dû attendre un peu, mais la
conduite fut relativement vite installée. Et j'ai été relié assez
rapidement, mon installation étant prête en même temps.
C'est là la
surprise. J'ai toute de suite voulu tester le nouveau gaz, mais cela ne
marchait pas. Le gaz refusait de s'allumer et après insistance il
s'allumait avec un bruit de chalumeau mal réglé. La flamme s'éteignait.
J'ai pensé que mon installation n'était pas suffisamment purgée. J'ai
alors ouvert les fenêtres et j'ai laissé le gaz ouvert suffisamment
longtemps pour être sûr que vraiment l'installation était
purgée.
J'ai obtenu une petite amélioration mais le gaz ne faisait
pas une belle flamme, c'était une flamme instable variant en couleur, loin
du brûleur et sans rendement. Elle s'éteignait souvent.
J'ai pris
la décision de faire part de ma mésaventure à GDF qui dépêcha une personne
assez rapidement.
La personne a commencé par incriminer une absence
de purge de l'installation. Alors, devant lui, j'ai ouvert les fenêtre,
déconnecté un appareil, puis j'ai laissé ouvert le gaz pour une purge plus
rapide. Visiblement sans effet. Il a ensuite critiqué mon matériel, je lui
ai répondu que ce matériel avait déjà fonctionné au gaz de ville avec
succès donc le problème n'avait rien à voir avec mon matériel. Là, gêné et
voyant qu'il avait affaire à une personne qui savait de quoi elle parlait,
il a avoué qu'il avait disposé au bout de la canalisation principale une
torche pour purger la conduite mais qu'il fallait du temps. Il était clair
que je devais attendre et que mon raccordement avait été
prématuré.
C'est ainsi que j'ai dû attendre environ deux mois pour
avoir du gaz sans air.
Bien sûr j'ai bénéficié d'un raccordement
promotionnel et d'un prix du gaz un peu inférieur car sur la facture, GDF
avait pris soin de baisser un peu le coefficient correspondant au
pouvoir calorifique du gaz livré mais pas dans les proportions de la
réalité.
J'ai demandé dédommagement mais je n'ai jamais pu obtenir
de réponse, malgré leur promesse de répondre à tout courrier. Quand le
courrier dérange, il est impossible d'avoir une réponse !
Pendant
deux mois nous n'avons pas utilisé les appareils à gaz tout en payant
notre abonnement et nous avons tout de même dû payer l'air que nous avons
tiré de la conduite de gaz pour pouvoir se rendre compte si le mélange
d'air et de gaz était suffisamment faible pour l'utilisation de nos
appareils.
Voilà, j'aurais aimé être prévenu de ce désagrément
connu de GDF. La prime d'installation obtenue ne compensait vraiment pas
les désagréments c'était une tromperie.
Jean-Marie BRUTY, le 9 mai 2004
Ca
bosse à l'EDF
L’éditorial de François
d’Orcival, de Valeurs Actuelles " Une politique signée CGT ", lu
certes un peu tard (il date du 16 janvier), auquel s’ajoute l’article de
Contribuables Associés, constituent des témoignages précieux sur le mode
de fonctionnement des baronnies sauvages d’État au XXème
siècle.
J’ai moi-même l’impression
de n’être pas de ce temps quand je vois que de telles aberrations sont
dévoilées sans que nul ne fasse plus que s’offusquer poliment. Quand les
mots de services publics, de démocratie interne restent utilisés en lieu
et place de friponnerie et racket organisé.
Cette fois encore le sévice
public nous vient d’EDF-GDF et de la présentation faite par les médias des
accords sur la réduction du temps de travail dans ce monopole
sauvage.
Les négociations y ont
aboutis à la semaine des 32 heures avec maintien du pouvoir d’achat. En
réalité la CGT gouverne EDF comme sa propriété, son joujou qu’elle nous
facture, fort cher d’ailleurs puisque pour que les salariés y
condescendent à travailler 32 heures, il aura fallu que le gouvernement
nous distrait de 600 millions à injecter chez EDF. Comme l’avoue lui même
Denis Cohen, secrétaire générale de la fédération CGT de l’énergie, dans
le Monde du 13 janvier : "C’est la seule entreprise du secteur public
pour laquelle le gouvernement a dit qu’il verserait 600 millions de
francs. Cette aide pousse la direction des syndicats à conclure." Il l’a
donc dit ! ! !
Nous achetons ainsi du
temps libre pour créer des emplois (enfin, nous, bon, vous m'avez compris
comme dirait l'autre …), c’est là d’ailleurs la justification de la
réduction du temps de travail.
Cela marche alors!
Ah, oui, cela marche dans
le public, tout est question de dirigisme et il n’y a rien de mécanique
dans tout cela puisqu’il s’agit d’autorité de passer de 4 000 à 5 000
salariés en 3 ans, soit de nous faire payer 150 000 francs par salarié
supplémentaire. Dans le privé cela pourrait marcher aussi, je créé une
usine de tee-shirt, je les vend le double de la concurrence, je paie mes
salariés 15 000 F/mois, les habille gratis et les fait travailler 1/3 de
temps en moins. Mes acheteurs vont me donner 150 000 F en plus pour chaque
nouvel employé afin que je maintienne ma production. Pourquoi ne pas y
avoir pensé plus tôt. Quoi, ça ne marchera pas ? Bah alors il suffit
de me faire nationaliser et de m’accorder un monopole de service (pardon
sévice) public. Après tout si ça ne marchait pas je serais obligé de
mettre tout le monde au chômage et le droit de se vêtir en
souffrirait.
Face à la concurrence une
EDF qui ne pourrait pas plonger la main dans nos portefeuilles serait
perdue.
D’autant que le président
d’EDF François Roussely, a reconnu dans les Échos du 13 janvier que
" le surcoût instantané, sur la base du coût horaire, journalier ou
mensuel d’un salarié d’EDF par rapport à un salarié de la Lyonnaise des
Eaux est peut-être de 5, 10 ou 15 % ".
Car l’objectif n’y est pas
la rentabilité (lire le service du client) mais le bien-vivre au mépris de
l’usager forcé et même menacé dans mon cas. On ne s’étonnera donc pas que
la CGT se batte contre la directive européenne. J’en reparlerai
d’ailleurs plus tard.
Xavier COLLET, le 11 mai
1999
L'offensive du
sévice public à la française
Cette fois le ton va être
plus sérieux car je suis furax et il s'agit là encore d'une lutte à mener
pour l'évidence et contre les conneries ambiantes si bien tolérées de par
chez nous.
Alors que le secteur
électrique aux USA compte plus de 3500 entreprises produisant,
transportant ou distribuant de l'électricité ; que l'Allemagne en dénombre
un millier ; combien d'entreprises travaillent dans ce secteur en France ?
Une seule : EDF ! De ce fait, EDF est le premier électricien au monde par
la grâce du monopole accordée par les hommes de l'État et de nos subsides
rackettés.
On devrait pourtant sortir
de l'ombre dans ce pays, car le compromis adopté par le parlement de
Strasbourg ouvre le marché européen de l'énergie à la concurrence à partir
du 19 février 1999.
Mais encore une fois les
salopards en France se sont protégés. Le territoire se distingue par une
ouverture du marché limitée au minimum prévu par le compromis, c'est à
dire 26,5 % . Cette ouverture ne concerne donc que 400 entreprises !!! En
conséquence, nous restons les otages d'EDF et qu'ils ne comptent pas sur
le syndrome de Stockholm en ce qui me concerne …
Pourquoi maintenir encore
notre sujétion qui date de la nationalisation du secteur électrique en
1946 ? Mais bien évidemment pour continuer à protéger quelques intérêts
bien compris. EDF est devenu un État dans l'État, un État socialiste
s'entend, géré par une CGT arrogante, qui se paie moult avantages dont une
semaine à 32 heures aux frais du contribuable.
Nous avons tout à gagner de
la libéralisation : depuis 1990, le monopole sauvage de l'État britannique
a éclaté pour laisser la place à une quinzaine de sociétés privées, la
production, le transport, la distribution furent scindés permettant à la
concurrence de jouer la transparence et d'offrir aux consommateurs de
meilleurs services à moindres coûts, effectivement les tarifs britanniques
sont les plus faibles en Europe.
Et nous devrions aller dans
ce sens, car la directive européenne permet à Vivendi, Air Liquide, au
groupe Suez-Lyonnaise, de se lancer dans la construction de centrales. Des
baisses de tarifs sont donc attendues pour les entreprises, mais pour les
particuliers on en reste au service public, c'est-à-dire qu'ils devront
payer le prix fort (normal puisque le public est au service
d'EDF).
En réalité même dans
l'applications de cette libéralisation minimale, les hommes de l'État
traînent leurs galoches, ils ne respectent pas la directive. Ainsi en
attendant les décrets d'application (pas avant septembre), les industries
concernées par le droit à la libéralisation pourront attaquer l'État
français pour entrave à la concurrence. Nous encourageons les
consommateurs de plus de 100 GWh par an d'avoir recours aux voies
légales.
Mais attention, l'État a
des ressources et a lancé sa machine de guerre baptisée Commission de
Régulation de l'Électricité (CRE). Celle-ci sera garante des sévices
publics qui nous sont chèrement imposés.
Après le CSA, l'ART, voici
la CRE, un nouvel outil de régulation sauvage sur lequel nos coups devront
porter.
Du côté de la Fédération de
l'énergie CGT l'offensive est également à l'ordre du jour, les gérants
d'EDF ont lancés leurs pitbulls, députés communistes à l'assemblée, afin
qu'ils votent contre la directive européenne. Il faudrait aussi comme
l'aurait dit Bastiat qu'ils votent contre les levées de soleil condamnant
des embauches supplémentaires à EDF pour cause de lumière du jour
!!!
Xavier COLLET, le 12 juin
1999
Combien de temps encore EDF jouera au Monopoly
?
Le groupe étatique français EDF exerce un monopole
sur un marché intérieur de 30 millions de consommateurs d’électricité. Il
vend aussi de l’électricité à l’étranger et pas seulement des surcapacités
temporaires aux pays frontaliers : sur 16 millions de clients d’EDF à
l’extérieur des frontières de la France, 8 millions sont au Brésil, 3
millions en Argentine, plus d’un million en Afrique,
etc.
Ce double caractère de
monopole intérieur et d’exportateur est totalement contraire aux principes
européens. De plus une directive communautaire (96/92/CE du Parlement
Européen et du Conseil), fixe désormais des règles communes dans le marché
intérieur de l’électricité. Cette directive vise à ouvrir progressivement
à la concurrence le marché de la production et de la fourniture de
l’électricité. Les 15 États-membres devaient adopter les mesures
nécessaires à la transposition des dispositions de la directive en droit
national au plus tard le 19 février 1999, date ultime pour 12 d’entre eux,
la Belgique, la Grèce et l’Irlande disposant de 12 à 24 mois
supplémentaires.
Sur les 12 États-membres
qui devaient adopter ces mesures au plus tard le 19 février 1999, 10 ont
déjà procédé à la transposition de la directive et ont communiqué les
textes à la Commission. Deux États-membres seulement, la France et le
Luxembourg, ne les ont pas encore communiquées à la Commission
européennes.
Dans ces conditions, celle-ci a décidé le 24 novembre
d’adresser une lettre de mise en demeure à la France (et au grand-duché du
Luxembourg) pour non-transposition en droit national des dispositions de
la directive concernant des règles communes dans le secteur de
l’électricité. La France, certes, avait présenté à la Commission un projet
de texte législatif adopté par l’Assemblée nationale. Ce texte a ensuite
été modifié par le Sénat. À la réunion de la Commission mixte paritaire du
18 novembre un accord entre les deux Chambres du Parlement n’a pas été
conclu. La Commission a décidé d’engager la procédure de l’article 226 et
d’envoyer une mise en demeure demandant que la France fournisse les
informations nécessaires dans les quinze jours qui suivent l’arrivée de la
lettre. La Commission se réserve le droit, après avoir pris connaissance
des observations des autorités françaises ou si les observations n’étaient
pas parvenues dans le délai convenu, d’adresser à la France un avis motivé
en vertu de l’article 226.
Cela vient précisément
au moment où le Land allemand du Bade-Wurtemberg annonce (23 novembre),
comme prévu, la vente pour 2,4 milliards d’euros des 25 % qu’il détient
dans EnBW (Énergie Bade-Wurtemberg) à Électricité de France, permettant
ainsi au groupe monopoliste français de s’implanter sur le marché allemand
de l’électricité. Depuis sa libéralisation en avril 1998, celui-ci se
trouve déjà soumis à une importante concurrence. L’Allemagne est
d’ailleurs pour l’instant le seul pays européen à avoir totalement
libéralisé son marché de l’électricité. Elle est donc d’autant plus amenée
à demander une nécessaire réciprocité en matière de concurrence. Mais on
remarquera que si EDF et EnBW coopèrent depuis les années 50, si le
Français fournit à l’Allemand du courant produit en surcapacité si les
deux entreprises possèdent chacune 50 % des centrales hydroélectriques
d’Iffezheim et de Gambsheim, EDF fournit aussi par ses filiales London
Electricity à Londres et South West Electricity (SWEB) à Bristol de
l’électricité à 3,3 millions de clients en Grande Bretagne. Il n’est donc
pas possible qu’EDF joue très longtemps au Monopoly, fermant le marché
français à la concurrence européenne.
En Allemagne, les
consommateurs ont déjà bénéficié d’une baisse de tarif de l’ordre de 30 %
du fait de la concurrence. En France, au contraire, une force
politico-syndicale qui s’appelle la CGT, s’oppose à cette mise en
concurrence qui se traduirait tout simplement par une amélioration du
niveau de vie des Français, particulièrement sensible pour les familles
les plus modestes et pour les artisans.
Jean-Gilles MALLIARAKIS, le 26 novembre 1999 in
"Courrier Quotidien des Libertés"
La libéralisation de l’électricité : un
enjeu européen
L’énergie
farouche, avec laquelle cégétistes et politiciens français résistent aux
directives concurrentielles européennes, mérite un regard plus attentif.
Ainsi l’adoption très tardive d’une loi régularisant, avec des pincettes,
la distribution de l’électricité en France a de quoi fasciner.
Depuis
1996, une Directive européenne a fixé les règles du marché intérieur
européen de l’électricité. Ces règles rendent complètement obsolète le
statut adopté en 1946, pendant le "Tripartisme".Mais la France tarde à
réviser ses vieux dogmes, et le 22décembre 1999 la Commission adressait,
en vertu de l’article 226 du Traité instituant la Communauté européenne un
avis motivé à la République française pour non-transposition.
Dans
l’urgence, et pour empêcher que la France soit condamnée par l’Europe en
manquement d’État, on a donc procédé à une navette entre les deux
assemblées. Dans toutes ces discussions, le groupe communiste et le groupe
RCV sont montés au créneau pour enrayer la libéralisation nécessaire du
marché de l’énergie. L’un des principaux défenseurs du système monopoliste
aura été en cette occasion M. Claude Billard député PCF du Val-de-Marne
rapporteur de divers projets socialo-communistes. Sa bataille monopoliste
à retardement tend à hérisser de faux concepts, prétendument sociaux ou
ridiculement nationalistes, la route de la Liberté : fixation par décret
d’un tarif " produit de première nécessité", limitation du négoce " aux
producteurs qui, pour compléter leur offre achètent de l’électricité pour
la revendre", etc. Dans ce délire, la propagande cégétiste fait feu de
tout bois.
Pire qu’une
bête, la honte ne l’étouffe jamais. L’Humanité du 4 janvier publiait ainsi
un sondage où 93 % des Français seraient satisfaits du service public de
l’électricité. Les 7 % de mécontents, — cela peut sembler beaucoup
s’agissant du courant électrique ! — sont-ils de mauvais Français ? Ces
pourcentages quasi staliniens sont là pour nous le suggérer. Et puis, les
agents EDF sont venus si gentiment en janvier réparer les dégâts provoqués
en décembre sur leurs lignes aériennes ! Voilà qui mérite reconnaissance
!
Il se
trouve cependant que le 19 janvier s’est concrétisé l’accord par lequel
EDF acquiert 24,1 % du capital du 4ème producteur allemand,
EnBW, fournisseur d’énergie dans le Bade-Wurtemberg.
Or, le ministre
allemand de l’Économie et de la Technologie, M. Werner Müller en tire des
conclusions très claires et très rigoureuses. Dans un entretien publié par
Le Monde (29 janvier), il déplore en effet que cet intervenant soit un
monopole étatique à 100 % et il déclare très clairement
:
1° "
J’attends que le gouvernement français privatise EDF. "
2° " la France
ne respecte pas le droit européen: elle aurait dû transposer la directive
européenne sur la libéralisation du marché de l’électricité européen
depuis février 1999. C’est un autre élément perturbateur du marché.
"
Les
monopolistes se heurtent alors à une double réalité.
Premier aspect :
l’Allemagne est aujourd’hui le principal contributeur de l’Union
européenne.
Deuxième aspect : l’Allemagne est le principal partenaire
de la politique et des grandes entreprises françaises au sein de l’Europe.
Non seulement les échanges franco-allemands sont essentiels à l’économie
française, mais toute l’année 1999 aura vu se développer des accords
impressionnants entre les plus grands groupes français et
allemands.
-
Le 4 mai 1999, accord
Bourse de Paris + DeutscheBörse.
-
Le 14 octobre 1999,
accord Aérospatiale Matra+ Dasa = EADS
-
Le 6 décembre 1999,
accord Framatome + Siemens= 3,1 milliards d’euros
-
Le 15 décembre 1999,
accord Rhône-Poulenc+ Hoechst = Aventis = 17,8 milliards d’euros.
La "culture
de grève" cégétiste a bien pu s’agiter comme le 18 janvier pour faire
pression sur le débat parlementaire du 19. Cette "culture de grève"
cégétiste est strictement incompatible avec un capitalisme allemand dont
le ministre Müller rappelle qu’il est fondé sur le consensus et la
cogestion." Quand elle est bien utilisée la cogestion est une arme
stratégique", déclare-t-il. M. Müller est homme de 53 ans, issu du secteur
privé allemand, (groupe RWE puis Vega). Sans référence à un parti, il
exerce un rôle considérable dans le gouvernement Schroeder. La France
devrait se préparer à travailler sérieusement avec lui, non à mener des
batailles d’arrière garde.
Jean-Gilles MALLIARAKIS, le 7 février 2000 in
"Courrier Quotidien des Libertés"
Chirac rassure la
CGT
On peut espérer enfin
une ouverture du capital d’EDF. Enfin, rien n’est fait et les précédentes
déclarations de Chirac n’ont
pas été effacées. Ah oui
notre bien triste sire se
veut le garant de ce que la gauche la plus ringarde ne peut plus défendre.
Ce n’est pas nous qui le disons mais le Canard Enchaîné dans une brève du
20 mars 2002, titrée « le gauchiste de l’Elysée » :
« Le chef de
l’Etat et le Premier ministre ont donc défendu conjointement, au sommet
européen de Barcelone, « les services publics à la française »
et le report à 2004 de l’ouverture du capital d’EDF. Pas une feuille de
papier à cigarettes n’a séparé les deux cohabitants. Commentaire de Jospin
devant les ministres qui l’accompagnaient en Espagne : « le
discours que Chirac a tenu sur les services publics en séance plénière,
j’aurais pu moi-même le tenir. Même la Gauche socialiste aurait pu le
reprendre à son compte. Entendre ça dans sa bouche, c’était incroyable.
D’ailleurs, Berlusconi et Aznar étaient médusés d’entendre Chirac parler
ainsi. » Preuve que Chichi peut encore surprendre. »
Après la nomination
d’un nouveau gouvernement, on peut s’attendre à quelques
avancées. Malheureusement nous n’avons ni Aznar ni Berlusconi au
poste de Premier ministre, mais celui qui a laissé son nom à une loi
anti-concurrentielle.
Il ne faut donc que
compter sur nos forces, à la base nous pouvons devenir les fers de lance
de revendications authentiquement libérales, pas de doute qu’elles seront
reprises et que des alliés nous attendent sur le chemin. Qu’ils reprennent
à leurs comptes nos exigences, nous ne demandons que cela. A cet égard la
réaction de Sarkozy, retranscrite dans le même Canard Enchaîné, nous
laisse présager des ouvertures – particulièrement quant on connaît le côté
diplomate du personnage qui n’a pas voulu par une telle déclaration
griller ses chances de premier ministrable de l’époque - :
« Moi,
je suis pour la privatisation d’EDF, mais ce n’est pas possible tout de
suite parce qu’on ne sait pas combien ça vaut. Il y a une sensibilité au
service public qui est plus exacerbée chez le candidat (Chirac) que chez
moi. »
Xavier
COLLET, le 29 avril 2002
Publication
judiciaire
Non, c'est pas vrai, dit,
c'est pas possible ?
Mais, si, tiens lit donc
c'est marqué.
Comment, mais c'est en tout
petit et personne n'en a parlé, c'est même pas un article c'est une
publication judiciaire en petits caractères dans le Monde du 21 juillet
1999. Qui peut donc s'arrêter à lire des publications judiciaires ? Et
puis quoi, EDF responsable d'un homicide ! D'accord ce n'était qu'un
accident, mais si c'était le fait d'une compagnie privée on aurait encore
parlé des meurtres de la mondialisation, de la course aux profits sans
souci de l'humain …..
Bon c'est fini ce délire ?
Allez, je retranscris tel quel.
Extrait des minutes du
greffe du tribunal de grande instance de Draguignan
Par jugement contradictoire
rendu le 23/11/98, le Tribunal de Grande Instance de Draguignan statuant
en matière correctionnelle a condamné : ELECTRICITE DE FRANCE, pour avoir
à Callian le 25 juillet 1996, par maladresse, imprudence, inattention,
négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence
imposée par la loi ou les règlements, en l'espèce en ayant omis d'élaborer
une directive générale relative à la visite des lignes basse tension, à
leur contrôle et à leur entretien, notamment au regard de l'article 26 de
l'arrêté ministériel du 26 mai 1978, involontairement causé la mort de
Jonathan BEYL. Faits prévus par Art.221-6 al.1.C.Pénal et réprimés par
Art221-6al1, Art221-8, Art221-10 C.Pénal. A la peine de : une amende
délictuelle de UN MILLION DE FRANCS. Le Tribunal a en outre ordonné :
Publication de la décision par voie de presse dans deux journaux de
consommateurs (Que Choisir, 50 Millions de Consommateurs) et trois
journaux nationaux (Le Monde, Le Figaro, Libération) avec le coût maximal
par insertion de 15 000 Frs. Pour extrait conforme. Le
Greffier.
Et pour rien du tout, la
publication de la décision passe sur Internet, à moins que je réclame 15
000 Frs à l'EDF.
Ce drame de la négligence
d'un sévice public passe pour le moins inaperçu, il vaut d'être signalé et
d'être rappelé à l'heure où certains claironnent de concert que privé et
sécurité ne font pas bon ménage. Balayez donc devant votre porte, et vous
journalistes, ouvrez votre gueule quand il le faut, votre silence nous
perce les tympans. .
Xavier COLLET, le 26 juillet
1999
Merveilleuse tempête, enfin un nouveau moyen de se faire de
l'argent se disent les ministres du peuple.
Mais comment ?
Simple répond l'écho
!
Simple : On fait payer par les assurances tous les dégâts et on
encaisse la T.V.A. sur tout ce qui se vend, plus les taxes sociales sur
tout ce qui bouge.
Et si les sociétés font malgré tout des bénéfices,
l'État en prélèvera 50% en désignant ces sociétés honteuses qui osent
faire des bénéfices, sur lesquels l'État est, (mais il oublie de le dire)
après de très nombreux prélèvements préalables (plus de 50%), et reste
encore associé pour moitié.
Pour les bénéfice s'entend, mais pas pour
les pertes !
Eh bien la tempête ne fera pas exception
!
Enterrement des nombreux morts, soins des blessés, voitures
endommagées ou détruites, murs écroulés, tout sera prétexte pour faire
entrer de l'argent dans les caisses gérées par les gouvernants. Comment ?
Via la T.V.A.
Il aurait été pourtant simple de déclarer
remboursable toute T.V.A. encaissée à l'occasion du sinistre. Mais ce
serait un geste fait par les dirigeants contre une bonne aubaine dont les
revenus serviront à couvrir une gestion plus catastrophique qu'il n'y
parait.
T.V.A. à laquelle s'ajoutent les prélèvements signalés plus
haut.
Et ce sont les assurances qui payeront, donc vous et moi… alors
pourquoi se gêner !
Quant aux millions publics, ils serviront avant
tout aux châteaux, aux demeures et sites de l'État, là ou les politiques
et leurs amis vont en vacances, sans oublier les chasses
ministérielles.
Mais il est vrai que le peuple a le droit de visiter
ces demeures construites par des princes et dans lesquelles vivent nos
ministres, une fois par an. En faisant bien attention de ne rien déranger,
car cela leur appartient. Cela fait partie de leur patrimoine. Mais manque
de chance, les ministres l'ont oublié, les ont fait acheter à prix d'or
sur les fonds publics pour que le peuple ait le droit d'une simple visite
une fois l'an. Et encore doit-il faire la queue pendant des
heures.
Belle opération, financière, félicitations et vive la
fraternité.
FRATERNITE, tout est dans ce mot. Car ici encore il est
vrai que si nous nous souvenons bien de la légende d'Adam et Ève, la
première mort, le premier crime sur terre, est du à un frère…. qui tua son
propre frère.
C'est cela aussi l'esprit de fraternité…
Pas de
téléphone pour les sinistrés :
Le téléphone français est un des
plus onéreux du monde, des milliers de fois plus cher qu'aux États Unis,
ce qui rend les entreprises françaises beaucoup moins compétitives.
Enterrées qu'elles sont sous des charges uniques au monde.
Par
contre les lignes téléphoniques ne sont pas enterrées, elles.
Mais
un état patron qui grâce à cela bénéficie de revenus exorbitants, avec des
directions confiées à des politiques dont certains ont même rang de
ministre. Plus une retraite à 55 ans. Des temps de " travail " minorés.
Mais pour faire passer la sauce, on nomme cela UN SEVICE PUBLIC, non
il y a faute de frappe, nous voulions écrire UN SERVICE
PUBLIC.
Heureusement la privatisation pourrait y mettre bon ordre,
alors on manifeste contre elle, et l'on garde des secteurs exclusifs, sous
forme de monopole que l'on ne diffuse pas vers la province, par crainte
d'une concurrence indésirable…. dans les SERVICES PUBLICS. Comme c'est le
cas pour certains secteurs plus performants sur Internet interdits en
France.
Pas d'Électricité pour les sinistrés :
Vendue par
Électricité de France aux autres pays Européens moins cher qu'aux
français, l'électricité devra diminuer ses tarifs grâce à la chute du
monopole d'État.
Mais jusqu'ici :
Toutes les factures de gaz et
d'électricité déjà plus chers qu'ailleurs, sont majorées de un pour cent
en faveur d'organismes gérés par les syndicats qui empochent cette manne.
Prélèvement qui porte même sur les plus démunis, les surendettés. Ceux
auxquels les dettes sont remises, mais sur les fonds publics, c'est à dire
payées par vous et moi.
Des bénéfices importants, très importants,
gérés par l'État et ses acolytes, patrons d'un peuple démuni.
Mais pas
de lignes enterrées qui auraient pu résister victorieusement à la
tempête.
Mieux encore il est question, malgré ces bénéfices, de
faire payer cet enterrement des lignes haute et basse tension, par les
communes, c'est à dire par vous et moi.
Des voitures détruites, mais
remboursées par les assurances, c'est à dire vous et moi, et sur
lesquelles l'État prélève : impôts, taxes, T.V.A. et douanes représentant
une part pouvant atteindre plus de 50%
Et il est question de mettre de
nouvelles taxes sur les carburants.
Et s'inspirant de méthodes
dignes de la gestapo des nazis, des élus ont osé proposer de mettre des
mouchards sur les voitures immatriculées en France.
Il est évidant que
ces mouchards ne sauraient être installés sur les voitures des élus du
pays de la Liberté, de l'Égalité et de la Fraternité.
Ce qui est bon
pour le peuple ne saurait convenir au clan des roitelets de pacotille.
Dominants qu'ils sont avec leurs quelques dix pour cent des voix.
Car
eux détiennent les cordons de toutes les bourses de tous les citoyens.
Qu'on se le dise…..
Et qu'on ne prenne pas la pollution pour
prétexte, car les taxes n'y changent rien.
Par contre si l'on
parlait des déplacements ministériels effectués en avion privé à réaction
qui pollue beaucoup plus. Si l'on évoquait l'avion " Concorde " et tous
les autres appareils que nos usines construisent. Sans compter l'usage de
la police sur motos à essence pour porter les plis, en lieu et place de la
poste, pourtant sous l'autorité d'un ministre ! ou encore police montée,
utilisée pour escorter un " officiel ! ", alors que cette police serait
plus utile à la protection du citoyen.
Une solution simple et
efficace, réexpédier nos ministres écolos laver leur linge sale à la
fontaine, repasser leurs nippes avec un fer au charbon, s'éclairer à la
bougie, circuler et porter leur correspondance à cheval.
Cela nous
éviterait une nuisance. Celle de leur présence, occupés qu'ils seront à
des tâches ménagères.
DERNIERE MINUTE
Lors de la construction des autoroutes, il avait
été convenu par le gouvernement de la République française, que les
sociétés d'autoroutes feraient acquitter un péage par les usagers, (ce que
ne font pas la plus grande partie des autres pays) mais qu'au terme de
trente années, c'est l'État qui en assurerait les charges. Or non
seulement les autoroutes (qui pourtant diminuent la pollution !), ne sont
pas gratuites, comme convenu, mais les péages vont augmenter.
Pauvres électeurs français bernés à nouveau.
Christian GERMAK, in "Arts Gazette", le 20 janvier
2000
La tempête
(suite) : EDF et Hydro-Québec, même combat
Dans le dernier numéro de Société Civile vous avez pu lire
notre article (« Les média et les pouvoirs
publics ne parlent que des services publics ») sur le monopole que s'est
arrogé EDF dans la réparation des dégâts causés par la tempête de décembre
alors que ce sont les petites entreprises privées qui ont fait le gros du
travail. Et voilà que, grâce à nos lecteurs, nous apprenons qu'un
événement similaire a eu lieu au Québec. En janvier 1998, une tempête de
verglas s'abat sur la région québécoise causant d'énormes dégâts et
privant d'électricité 3 millions de personnes. Comme en France, les médias
ont largement montré l'étendue de la catastrophe et l'héroïsme des
employés d'Hydro Québec, entreprise publique. Personne n'a cherché à
savoir si l'entreprise canadienne n'était en partie responsable de la
catastrophe ni mis en doute sa capacité à réaliser les réparations.
Toutefois, suite aux pressions d'un petit groupe de journalistes, le
gouvernement du Québec s'est senti obligé de créer une « Commission
scientifique et technique chargée d'analyser
les événements relatifs à la tempête de verglas survenue du 5 au 9 janvier
1998 » présidée par un ingénieur et qui a rendu son rapport en
avril 1999. Ce rapport est accablant pour la
société Hydro Québec. Il en résulte que l'organisation face à la crise a
été défectueuse, que le niveau de sécurité a été déficient, que les lignes
électriques étaient vieilles de plus de vingt ans, l'entreprise préférant,
comme EDF, investir plus dans son Comité d'entreprise que dans la
modernisation de son matériel.
Menacées par l'ouverture à la concurrence, les
deux entreprises d'Etat réagissent de la même manière : elles manipulent
les média et les gouvernements, influencent l'opinion publique et
occultent leurs responsabilités. Une seule différence: en France, il n' y
a pas eu de Commission d'enquête.
Société Civile n° 4, Mai 2000
Pantomime à Barcelone
Ce que la propagande nous présente comme une vraie victoire
française est en fait une déroute.
D'abord on a vu une nouvelle
fois les deux cohabitants faire ceux qui ne se connaissaient pas et se
tirer la langue en public ! Jusqu'au bout de leurs fonctions ils ont
montré une image ridicule de la France et les hauts représentants des
autres pays s'en sont bien amusé. Comment prendre au sérieux un pays,
naguère l'un des plus grands, qui accepte cette comédie pendant cinq ans
? La quasi-absence de la France dans les affaires internationales
s'explique en partie ainsi et couramment les autres pays se plaignent de
ne pas savoir quelle est la vraie politique de la
France.
(On
se serait félicité que les hommes de l'État aient continué à fermer leur
gueule quand on voit les positions aberrantes de Chirak en 2003)
NDLR.
Un
journaliste belge a dit : « De ma vie, je n'ai jamais vu une poignée de
main aussi glaciale. Votre Président a grommelé quelque chose comme «
...nistre » ; le Premier ministre lui a serré la main sans le regarder ».
Bien entendu ils n'étaient pas arrivés avec le même avion jetant
par-dessus les Pyrénées à l'aller et au retour l'argent public dont ils
n'ont vraiment rien à faire.
Mais ces deux cohabitants abusifs se
sont vantés dans la presse d'avoir « fait valoir l'intérêt de la France ».
En fait ils ont été soutenus dans leurs efforts par leurs camarades des
autres pays. Quelle est la raison ? Nos lecteurs le savent : c'est la «
loi des secours mutuels ». Dans les diverses « Républiques Fromagères »
que sont les prétendues grandes démocraties, les grands tenanciers se
soutiennent toujours entre eux : le soutien mutuel passe avant toute
considération et, notamment, l'intérêt supérieur des pays : on
assiste avec horreur à une appropriation privée de la politique étrangère.
La presse dit franchement et cruellement que c'est la période électorale
qui a permis de faire valoir les thèses françaises montrant bien le jeu de
cette loi des secours mutuels. Il n'y a en fait donc aucune gloire pour la
France à se vanter d'un apparent succès.
Mais voici le plus grave.
Les deux candidats officiels sur fond de trafic électoral ont dit que
l'accord sur l'EDF était un succès en vue du bien commun : c'est un énorme
mensonge. Ce sont les consommateurs et contribuables français qui vont
souffrir pendant des années en attendant une complète libération et une
nécessaire privatisation de l'électricité.
En fait à Barcelone ce
fut une double défaite de la France : défaite par le ridicule et défaite
par la prolongation d'une situation ruineuse.
Un jour ou l'autre
l'EDF sera dénationalisée et malgré leurs convictions socialistes communes
les deux cohabitants le savent. Le vrai problème est la valeur de cette
firme gigantesque. Elle se vante d'être performante et bien sûr
d'appartenir à cet univers imaginaire « que le monde entier nous envie ».
Une fois grattés les progrès techniques que reste-t-il ? Qui
parle vraiment du problème des retraites ? . 100 000 retraités et 40 000
bénéficiaires d'une pension de réversion pèsent très lourds et on se
demande qui va les payer. Si l'on passait les provisions nécessaires il
faudrait 45 milliards d'euro c'est-à-dire plus que le chiffre d'affaires.
Sans connaître les fonds propres dont le montant n'est guère publié cela
veut dire que très probablement l'affaire ne vaut pas plus que 1
seul euro ! Quant au fameux 1% du chiffre d'affaires versé au comité
d'entreprise, c'est à dire à la CGT personne n'en parle non plus
dans le tintamarre actuel. Il n'a certainement pas disparu.
A
Barcelone, les deux cohabitants ont une fois de plus retrouvé le consensus
entre eux uniquement pour continuer à ruiner la
France.
Michel de PONCINS, le 23 mars 2002
EDF GDF
SERVICES
Tour
PB6 – 20, Place de la Défense
92050
Paris La Défense Cédex
Objet :
Question à propos de la Contribution au Service Public de l’Electricité
(CSPE)
Madame, Monsieur,
Je constate que la facture
d’électricité sert maintenant de prétexte pour un nouveau prélèvement dont
j’ignore complètement la fumeuse justification. Permettez-moi de vous
signaler que ce genre de procédé est tout à fait critiquable bien que je
ne doute point que la plupart des gens, endormis par des discours
rassurants ou assommés par la masse des prélèvements existants, se
laisseront faire en silence. Pourtant, soit la production et la
distribution d’électricité est un service public au même titre que la
police, la justice ou l’armée, et c’est l’impôt qui financera cette
mission via le budget de l’État ; soit l’État est une entreprise
commerciale comme une autre et ses recettes doivent couvrir ses coûts de
production. Entre les deux, c’est le règne de la confusion. Mais, dans les
deux cas, ce genre de contribution, baptisée « CSPE », est une
aberration à la limite de la légalité…mais au point où nous en sommes en
France.
Contrairement
à un opérateur téléphonique qui ne pourrait pas se permettre ce genre de
pratique au risque de perdre un client, vous surchargez donc la facture
sans que je puisse dénoncer le contrat. Voilà bien là le doux privilège du
monopole. Je forme le vœu que cette position abusive de monopole
disparaisse au plus vite avec l’avènement d’un marché européen
concurrentiel de l’électricité dans lequel les pratiques de tarification
deviendront plus rigoureuses.
Veuillez
agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations
distinguées.
Jean-Louis
CACCOMO, le 5 janvier 2004
Dans
ce texte, l’auteur s’efforce de rappeler les faits et les déclarations
importants sur la privatisation d’EDF et de rétablir certaines vérités. Il
analyse ensuite les problèmes et indique des conditions de succès de
l’ouverture de capital proposée
1 Les faits sur EDF
1.1 Le service actuel est de bonne qualité
- Disponibilité du courant sur tout le
territoire et 24h/24, avec très peu de coupures (pour l’essentiel :
intempéries et grèves) ;
- Tension fournie aux abonnés
(voltage contractuel) bien respectée ;
- Capacité de
production et de transport correctement
dimensionnée ;
- Rétablissement rapide du courant après un
une tempête, par des agents dévoués au service public ;
D’où une bonne image de marque du service
public d’EDF auprès des Français.
1.2 Conséquences de la production d’origine
86% nucléaire
1.2.1 Le prix de l’électricité
La CGT a affirmé dans [2] qu’EDF vend
en France son électricité environ 15% moins cher que son prix à
l’étranger. On ne voit pas sur quelles bases repose cette affirmation, car
dans le rapport annuel [6] on trouve les
deux graphiques suivants, pages 35 et 39 :

On voit qu’il y a des pays européens où les
particuliers payent l’électricité moins cher qu’en France et d’autres où
ils la paient plus cher. De toute manière, les prix sont plafonnés par le
gouvernement.

On voit que les prix moyens payés en Europe par
des petites ou moyennes industries :
- Sont, en France,
plutôt en dessous de la moyenne européenne ;
- Ne sont
pas systématiquement plus chers dans les pays où le marché a été
libéralisé. Ce phénomène s’explique par le fait que, lorsqu’un Etat régule
son marché, il est libre de fixer ses prix à sa guise pour subventionner
la consommation ou prélever un impôt sur elle.
On remarque aussi qu’EDF a un
problème de productivité ou de gaspillage : comment se fait-il
qu’avec une production 86 % nucléaire (la solution la moins chère - et de
loin - de l’avis même d’EDF), une taille permettant les économies
d’échelle (EDF est le plus gros producteur de l’Union européenne) et des
prix dans la moyenne européenne, l’entreprise ne dégage pas des marges
suffisantes pour son autofinancement et soit obligée d’emprunter et
d’omettre de provisionner les retraites des agents et le démantèlement
prévisible de ses centrales nucléaires ?
1.2.2 L’émission insignifiante de CO2
EDF émet très peu de gaz carbonique à effet de
serre. Voici ce qu’on trouve dans [6] page
16 :

On voit au passage sur ce
graphique l’irresponsabilité des écologistes allemands, qui veulent fermer
les centrales nucléaires, dans ce grand pays gros consommateur
d’électricité, déjà mal placé sur le plan de la pollution par gaz à effet
de serre. La puissance nécessaire au pays ne pourra pas être fournie par
des éoliennes ou l’énergie solaire, d’abord lorsqu’il manque du vent ou du
soleil, ensuite parce que l’électricité produite à partir de ces sources
est beaucoup plus chère que celle produite à partir de charbon, abondant
en Allemagne et proche des centrales consommatrices.
1.2.3 Indépendance énergétique de la France
En ce moment, les géants que sont
la Chine et l’Inde, en croissance rapide, créent une pénurie mondiale de
matières premières : pétrole, le charbon, divers minerais et des
métaux, dont les prix mondiaux ont fortement augmenté ; en outre,
leurs importations mobilisent tellement les flottes marchandes que les
prix du transport par mer ont explosé. La France, dont la proportion
d’énergie d’origine nucléaire produite localement est la plus élevée du
monde, souffre moins de ces pénuries et hausses de prix que les autres
pays. Ses habitants en tirent un avantage pour leur pouvoir d’achat et ses
entreprises un avantage concurrentiel.
A terme, toutefois, il peut y
avoir un problème : au rythme actuel d’extraction mondiale, l’uranium
nécessaire aux centrales peut s’épuiser dans une centaine d’années. Cette
menace est d’autant plus sérieuse que les centrales actuelles n’utilisent
que l’isotope U235, qui représente seulement 0,7% de l’uranium
extrait ; le reste, U238, ne serait utilisable que dans d’autres
types de centrales, qui ne sont pas encore au point.
1.3 L’ouverture à la concurrence du 1er
juillet 2004
EDF a trois
métiers :
- La production d’électricité, dont 70% du
marché s’ouvre à la concurrence le 1er juillet 2004. Parce qu’EDF a déjà
des concurrents producteurs raccordés au même réseau de transport
d’électricité, elle perdra mécaniquement des parts de marché au profit de
ces concurrents. Si, alors, elle garde tout son personnel, comme l’Etat
s’y est engagé, la situation de sureffectifs coûteux actuelle (voir
ci-dessous) s’aggravera encore ; EDF devra donc chercher à se
développer dans d’autres métiers (conseil et ingénierie, par exemple) pour
profiter de sa compétence et justifier son personnel.
- Le
transport d’électricité, qui sera filialisé pour garantir sa neutralité
par rapport aux fournisseurs concurrents, mais ne sera pas
privatisé.
- La distribution d’électricité, qui gère les
réseaux de distribution aux abonnés et leurs compteurs ; elle ne sera
pas privatisée non plus.
Le statut actuel d’EDF, en tant
qu’EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) ne lui permet pas
de faire d’autres métiers. Pour se développer dans d’autres métiers, EDF
doit changer de statut.
1.4 Conséquences de la hausse de la consommation
d’électricité
La consommation d’électricité,
qui a crû de 4% en France en 2003 d’après [6] page 47, se
développe dans tous les pays. Et le développement de la climatisation
accélérera fortement cette croissance. Il faut donc investir constamment
en capacités de production et de transport pour pouvoir satisfaire la
demande, faute de quoi les coupures de courant entraînent des pertes de
production économique, un moindre confort des particuliers et de la
pollution par recours à des énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole,
gaz) au lieu du nucléaire.
Il faut savoir, en effet, que l’énergie
solaire et l’énergie éolienne coûtent beaucoup plus cher que l’énergie
d’origine fossile, elle-même plus onéreuse que l’énergie nucléaire. Une
des raisons de cette cherté est que, pour chaque KW de capacité de
production solaire ou éolienne, il faut installer et entretenir 1 KW de
capacité fossile ou nucléaire, pour les jours où il n’y a pas de soleil ou
de vent, car l’électricité ne se stocke pas ; et cette production de
remplacement doit être géographiquement assez proche, parce que le
transport de l’électricité subit de fortes pertes en ligne : les
adversaires du nucléaire oublient en général de le rappeler.
C’est parce qu’ils n’ont pas
investi suffisamment que certains pays (Italie, Royaume-Uni, Californie,
etc.) ont de temps en temps de grosses coupures par manque de capacité de
production ou de transport. En Californie, par exemple, les prix de vente
de l’électricité étaient plafonnés par les pouvoirs publics à un niveau
qui ne permettait pas d’investir pour développer la production ;
celle-ci ne suffisait donc pas lors des pointes, d’où des
coupures.
Il faut aussi interconnecter les
réseaux des pays voisins, pour :
- Pouvoir se dépanner
mutuellement en cas de surcharge ou panne
locale ;
- Profiter des heures de pointe différentes
entre pays pour mieux lisser la consommation et les pointes, donc éviter
d’investir seul dans de la surcapacité ;
- Vendre
l’électricité nucléaire française, moins chère, à nos voisins qui en
manquent ou la produisent à coût plus élevé, parce que leur pourcentage de
production nucléaire est inférieur.
1.5 Les prix de l’électricité devront monter
en France
Selon [3] et [6] jusqu’à
présent, l’Etat a maintenu les prix français d’EDF dans la moyenne des
prix européens. Ces prix ne permettaient pas :
- De
financer tout son développement international, où il a fallu emprunter
pour acheter des parts de marché.
- De financer le
développement d’activités de service diverses, en France et ailleurs, où
EDF pourrait vendre son savoir-faire ; de toute manière, le statut
public actuel d’EDF lui interdit de faire autre chose que son métier de
producteur, transporteur et distributeur d’électricité, et c’est en partie
pour pouvoir développer ces activités nouvelles qu’EDF doit changer de
statut.
- D’investir suffisamment en centrales et réseau de
transport, financés aussi en partie par des emprunts.
- De
provisionner le démantèlement des centrales nucléaires (environ 45
milliards d’euros en 2004, qu’il faudra bien par un
jour).
- De provisionner les retraites des agents, onéreuses
parce que généreuses et attribuées souvent dès 55 ans.
L’Etat permettra à EDF désormais
d’augmenter ses prix français, pour ne pas devoir alourdir le budget
national de subventions ou de prêts supplémentaires ; EDF pourra
ainsi se constituer des marges de profit. En général, dans le monde, les
prix de l’électricité et du gaz sont corrélés avec les coûts des autres
énergies, notamment avec ceux du pétrole ; ils peuvent donc monter
fortement à l’occasion.
Non seulement l’Etat na pas
investi dans EDF depuis 23 ans, mais il y a prélevé des impôts : 1,6
milliards d’euros en 2003 (47% du résultat). Les comptes consolidés 2003
du groupe font aussi apparaître (voir [6] page 29) un
impôt différé net de 5,6 milliards d’euros.
Désormais, l’Etat devra donc
faire payer aux clients d’EDF des prix plus réalistes, donc plus élevés.
C’est là une nécessité économique et commerciale, sans rapport avec le
changement de statut ou l’ouverture du capital. La CGT oublie de présenter
les raisons objectives de hausse de prix ci-dessus, et attribue les
futures hausses à la privatisation capitaliste, où elles serviraient à
rétribuer les actionnaires.
1.6 Un groupe en sureffectif
Selon [6], en 2003 EDF
comptait 110.352 salariés en France (167.309 dans le monde), beaucoup plus
que les autres compagnies d’électricité en Europe. Malgré le coût par KWH
réduit des 86% de production nucléaire, ces sureffectifs, et les avantages
sociaux, expliquent l’incapacité d’EDF à s’autofinancer. Et la générosité
des retraites explique son incapacité à les provisionner. Et par
faiblesse, par peur des syndicats et pour avoir la paix sociale, le
gouvernement vient de faire annoncer par la direction d’EDF l’embauche de
3500 agents supplémentaires d’ici fin 2005 !
1.7 Les privilèges inouïs
du statut des agents
- D’après [3], le temps de
travail ne dépasse pas 32 heures par semaine, payées 35
heures ;
- Le comité d’entreprise a un budget de :
450 millions d’euros en 2003 (1% du chiffre d’affaires, 3500 € par agent).
Mais il a réussi l’exploit d’afficher... 200 millions de francs de pertes
sur l’exercice 1998-1999. Ce comité d’entreprise fait profiter chaque
année plus de 640.000 personnes de vacances bon marché et autres
prestations sociales : les agents, les agents en retraites, leurs
familles... C’est même la première source de tourisme social en France, au
frais du client EDF et du contribuable.
Rappelons
aussi :
- La stabilité de
l’emploi ;
- La retraite au bout de 37 ans ½, et même à
55 ans pour 60% d’entre eux ;
- Les énormes avantages
sociaux :
- assurance maladie extrêmement généreuse,
couvrant même des proches et des retraités ;
- vacances
à prix réduit ;
- logement pas cher ou aidé
financièrement ;
- électricité et gaz quasi-gratuits
pour les résidences primaire et secondaire des agents actifs ou
retraités.
Lorsque les manifestants
prétendent défendre le service public, ils omettent de dire qu’ils
défendent d’abord leur statut de privilégiés.
1.8 Situation financière et comptable
- Selon [3] :
- La
Cour des Comptes, dans un rapport de 1994, affirmait qu’EDF avait pu
échapper à tout impôt sur les sociétés pendant longtemps par l’application
de normes comptables dérogatoires du droit
commun ;
- EDF a aussi bénéficié d’une aide de l’Etat
versée pour l’aider à passer aux 32 heures ;
- Depuis
1981, EDF ne reçoit plus de dotation directe de l’Etat, mais bénéficie
d’une garantie d’emprunt de celui-ci qui lui permet de s’offrir le fameux
"AAA" des agences de notation, si convoité.
Voici un passage de [3] :
"Passons en revue ces
investissements [d’EDF] :
- En 2000, signature
d’acquisition de 25% (plus d’un milliard d’euros) du capital de la
compagnie régionale allemande d’électricité Energie Baden-Wurtemberg,
quatrième électricien allemand, avec un chiffre d’affaires de 4,1 Mds
d’euros. Cette entreprise a déclaré 173 millions d’euros de pertes pour
l’année.
- EDF a aussi acheté des parts de Montedison
(deuxième producteur d’électricité italien) pour 1,1 Mds d’euros et
détient 18% du capital d’une société commune créée à cet effet avec
Fiat... et seulement 2% des droits de vote de Montedison, c’est-à-dire
aucun pouvoir. [Cette limitation des droits de vote résulte d’une loi
"anti-EDF", votée à cette occasion par le parlement italien pour se
protéger de l’influence d’une société étrangère
d’Etat].
- En Chine, EDF a construit et financé pour 700
millions d’euros la centrale électrique au charbon de Laibin, qui connaît
des pannes à répétition se traduisant par de grosses
pénalités.
- EDF contrôle totalement la distribution
d’électricité de l’Etat de Rio de Janeiro, par achat de la compagnie Light
et exploite une centrale en Argentine (Edenor). Light subit les
conséquences de l’effondrement du real, la monnaie brésilienne, et Edenor
se trouve dans un pays en faillite. En perdant la moitié de sa valeur, le
real a fait mécaniquement doubler la dette de Light à hauteur de 1,6 Mds
d’euros. La dette est libellée en dollars et n’était pas couverte contre
les risques de change. EDF avait investi 1,5 Mds d’euros et devra assumer
une dette de 1,6 milliards. Au total 4,3 Mds d’euros d’investissement (28
milliards de francs), des pertes de plus d’un milliard et une dette de 1,6
milliards. Et la liste n’est pas finie. Tous ces investissements
catastrophiques ont été réalisés par des emprunts sous la tutelle du
ministère des Finances, qui couvre ces opérations en les garantissant avec
l’argent du contribuable français".
- En matière de
développement international, les prises de participation et les
investissements en capacité de production et de transport ont été, pour
l’essentiel, financés à crédit. De ce fait, EDF a des engagements
financiers hors bilan considérables : plus de 13 milliards
d’euros.
- Les investissements internationaux d’EDF ont
parfois été imprudents, comme dans le cas du Crédit Lyonnais, où ils ont
généré des pertes de l’ordre de 20 milliards d’euros, et de France
Télécom, qui a battu ce record.
Dans les trois entreprises les
imprudences ont eu la même origine : une gestion par de hauts
fonctionnaires qui n’avaient pas les capacités de management nécessaires,
et n’avaient pas fait leurs preuves à la tête de grands groupes privés.
Sachant que l’Etat les soutenait, que ses fonctionnaires chargés de
contrôler leurs décisions étaient assez tolérants, et qu’il s’agissait
d’argent public, pas de leur propre argent, ces dirigeants ont souvent
pris des risques énormes qui se sont ensuite avérés catastrophiques. Ils
les ont pris d’autant plus facilement qu’en cas de désastre leur statut de
fonctionnaire protégeait leur emploi.
- L’investissement en
centrales nucléaires est à très long terme (durée de vie actuellement
prévue : 40 à 50 ans), de même que l’investissement en réseau de
transport, dont la capacité doit suffire pour éviter des pannes lors des
pointes de charge.
Idéalement, les financements correspondants à ces
durées doivent provenir du capital même de l’entreprise ou de prêts à très
long terme, de l’ordre de 30 ans. Ce genre de prêt, qui existe aux
Etats-Unis, n’est pas proposé en France, parce que la tradition
d’inflation élevée, qui a prévalu pendant des années, en rendait les
conditions inacceptables. Mais aujourd’hui, avec une inflation maîtrisée
grâce au contexte européen, de tels prêts ou émissions d’obligations
devraient être possibles avec la garantie d’un actionnaire de confiance.
Comme l’Etat français a promis à Bruxelles de ne plus garantir les
emprunts d’EDF à partir du 1er juillet 2004, il devra soit fournir les
fonds lui-même, en capital ou en compte d’actionnaire, soit obliger
l’entreprise à emprunter à plus court terme, donc à rembourser plus chaque
année, ce qui exige une hausse des prix de l’électricité ou de son
transport. De toute manière, Bruxelles veillera à ce que les conditions de
prêt consenties à EDF ne lui donnent plus d’avantage concurrentiel, comme
c’était le cas jusqu’ici.
- La comptabilité d’EDF ignore la
charge des retraites dues aux agents (environ 50 milliards d’euros) et la
provision pour démantèlement des centrales nucléaires (45 milliards
d’euros) ; EDF a, en outre, des engagements hors bilan de 13
milliards d’euros. _ Si l’entreprise avait une comptabilité de société
anonyme, elle serait virtuellement en faillite. Le résultat d’exploitation
est sans grande signification, car l’Etat fixe les prix de vente et
continuera à le faire après l’ouverture de capital, puisqu’il gardera la
majorité absolue.
1.8.1 Conséquences de l’ouverture en cours
des marchés européens
Selon [6], 70% du
marché de l’électricité français est ouvert à la concurrence au
01/07/2004. Désormais EDF est obligée de louer de la capacité de transport
ou de production ou de distribution à des concurrents, et éventuellement
de leur en acheter, donc :
- Fin du monopole,
c’est-à-dire de l’intégration totale production + transport +
distribution, séparation des trois activités, chacune en concurrence avec
d’autres fournisseurs ;
- Perte mécanique de parts de
marché aux concurrents ;
- Absurdité de justifier le
maintien des emplois si le chiffre d’affaires a diminué, par ce que les
emplois en surnombre devraient être payés en pure perte, c’est-à-dire pour
70% aux frais de l’Etat et de ses contribuables ; Pour maintenir
l’emploi et assurer de bons prix de revient en France par économies
d’échelle, en exploitation comme pour les investissements, EDF doit donc
se développer :
- A l’étranger, en achetant des parts
de marché, ce qui exige des fonds et un statut d’entreprise privée
(exemple : EDF étant une entreprise d’Etat, il y a une loi italienne
anti-EDF limitant ses droits de vote à 2% dans l’entreprise italienne
Montedison, dont elle détient 18% des actions) ;
- En
France, en continuant à investir en moyens de production (futurs réacteurs
EPR, techniquement et financièrement supérieurs) et de
transport ;
- En ajoutant à son offre actuelle de
nouveaux services, qui profitent de sa compétence (ex : ingénierie),
alors que son statut actuel d’entreprise publique lui interdit de faire
autre chose que ce qu’elle fait aujourd’hui. EDF a donc besoin de
financement, alors qu’elle n’a pas assez de capitaux propres. Elle doit
donc trouver des financements :
- Par apports de
capital ;
- Par emprunts (solution plus
chère).
2. Arguments du gouvernement pour justifier
son ouverture du capital d’EDF
Maîtrise du capital : l’Etat
ne descendra pas en dessous de 70% (au lieu de 60 à 66% promis jusqu’au 27
mai). Il aura donc la majorité absolue de la future EDF, et pourra faire
ce qu’il voudra en matière d’investissements et de prix de
vente.
2.1 Importance du parc nucléaire pour l’indépendance
énergétique du pays
Cet argument est exact. Mais on
ne voit pas pourquoi les politiciens français en déduisent l’obligation
que la majorité du capital d’EDF reste publique. D’éventuels investisseurs
privés, français ou non, n’auraient aucun intérêt à saboter leur
investissement en l’empêchant de produire de l’électricité ou en
économisant sur la maintenance. En outre, Etat pourrait imposer à EDF un
cahier des charges contraignant en matière de permanence du service
public, de niveau des prix, de maintenance, et de volume d’investissements
nécessaires pour suivre la croissance des besoins.
Pour perdre son indépendance en
matière d’énergie nucléaire, la France devrait être privée (hypothèse
absurde) de son aptitude actuelle à se procurer du combustible nucléaire,
approvisionnement sans rapport avec la possession des centrales et du
réseau de transport ; ou elle devrait être privée de son aptitude à
retraiter le combustible usagé, hypothèse tout aussi absurde.
2.2 Durée des investissements dans le nucléaire
Cet argument, aussi exact que le
précédent, est utilisé par le gouvernement de manière aussi peu
convaincante. Ce n’est pas parce que son financement doit être à long
terme que le parc nucléaire doit appartenir à l’Etat. Pour que des
investisseurs acceptent un tel financement, il suffit qu’il soit
rémunérateur et que les garanties de remboursement soient sérieuses. Ces
conditions sont parfaitement remplies par des centrales nucléaires à
l’étranger, pourquoi ne le seraient-elles pas en France ? Elles sont
aussi remplies par des ouvrages d’art (grands ponts et tunnels, etc.)
Enfin, des autoroutes françaises, financées à très long terme, ont été
privatisées sans inconvénient.
2.3 Arguments destinés à
apaiser les syndicats
- Garantie du statut
des agents, c’est-à-dire de leurs privilèges.
- Engagements sur le maintien des effectifs, même lorsque
l’ouverture du 1er juillet 2004 produira une perte de parts de marché
et un chiffre d’affaires en baisse dans certaines activités, c’est-à-dire
une surabondance de salariés. En fait, l’Etat a même promis l’embauche
de 3500 agents supplémentaires d’ici fin 2005.
- Lors de l’ouverture du capital, 15% sera réservé aux agents
EDF.
Les deux premiers arguments sont
des promesses de non-évolution faites par un gouvernement faible, qui a
peur des syndicats. Ils prouvent qu’un gouvernement français n’est pas
maître de ses propres établissements publics, qu’il doit ménager leurs
syndicats. Ceux-ci n’hésitent pas à recourir aux coupures de courant,
c’est-à-dire à prendre le public en otage, sûrs de l’impunité de ceux qui
sabotent ainsi l’économie et privent leurs concitoyens du droit de
disposer d’électricité. Ils manifestent aussi au volant des véhicules de
service, aux frais d’EDF, impunément.
Dans ces conditions, on ne peut
pas garantir que la future EDF sera gérée dans l’intérêt de ses
actionnaires, ni même du pays, son principal actionnaire et son
client ; elle risque d’être gérée d’abord dans l’intérêt de ses
salariés, les pertes éventuelles étant aux frais des
contribuables.
C’est pourquoi, personnellement,
je n’investirai jamais dans une EDF où l’Etat est majoritaire absolu et
les syndicats ont un tel pouvoir : cette entreprise ne réunit pas les
conditions pour qu’un investissement privé y soit raisonnable.
2.3.1 Les 500 millions de recapitalisation
La promesse d’un apport par
l’Etat 500 millions d’euros de capital pour le développement d’EDF est une
mesure strictement psychologique, destinée à prouver aux syndicats et à
leur base que l’Etat a cédé quelque chose après leur manifestation du 27
mai. En effet, cette somme est dérisoire par rapport aux dettes et
engagements d’EDF, ou à son besoin de recapitalisation (environ 10
milliards d’euros de fonds propres supplémentaires).
3. Arguments de la CGT contre l’ouverture
du capital
- "L’opération projetée par
l’Etat est une privatisation." C’est inexact : l’Etat restant
majoritaire absolu avec 70% du capital, les investisseurs privés n’auront
aucun pouvoir. L’Etat a en outre garanti le maintien du statut des agents
et de leurs effectifs. Le qualificatif "privatisation" est donc
fallacieux : la CGT utilise un procès d’intention pour effrayer les
gens qui ont peur de l’entreprise privée. Le qualificatif exact est
"ouverture de capital".
- "Les privatisations à l’étranger
ont entraîné des baisses de qualité de service et des hausses de
prix : la privatisation d’EDF est donc une mauvaise solution pour le
service public."
La CGT est le principal syndicat d’EDF, et celui qui
gère son richissime comité d’entreprise. Une enquête judiciaire est en
cours pour savoir si ce comité n’a pas subventionné la CGT, directement ou
non. Si une vraie privatisation était à l’ordre du jour, avec perte de
privilèges statutaires des agents et baisse des subventions colossales au
comité d’entreprise, la CGT serait le premier perdant. En outre, puisqu’il
n’y a pratiquement plus en France, aujourd’hui, de syndicalisme dans le
secteur privé, la CGT redoute qu’une privatisation qui transformerait les
agents d’EDF en salariés de droit privé, provoque une perte de militants,
donc d’influence. On comprend donc la vigueur de sa "défense du service
public", argument qui masque en fait l’autodéfense.
La baisse de
qualité de service public à l’étranger invoquée par la CGT est réelle.
Elle est due aux pannes de courant, consécutives à des capacités de
production ou de transport insuffisantes dans les pays en question. Ces
capacités insuffisantes résultent d’investissements insuffisants par les
propriétaires privés des sociétés d’énergie de ces pays. Il faut bien
comprendre que, pour faire le maximum de bénéfices, une telle société
privée a intérêt à ce que ses capacités de production soient utilisées à
100% ou presque, quitte à ne pas fournir assez d’électricité lors des
fortes pointes. Le problème vient d’un cahier des charges mal conçu, où le
gouvernement ne leur a pas imposé de respecter des conditions
d’investissement minimum pour anticiper les besoins de capacité. Il
provient aussi parfois, comme en Californie, de prix trop bas fixés par le
gouvernement, prix qui ne permettent pas d’investir. Une ouverture de
capital n’est, par elle-même, ni une bonne ni une mauvaise chose :
tout dépend de la manière dont le gouvernement rédige son cahier des
charges et de son ingérence dans la politique tarifaire. La comparaison
précédente des prix en Europe montre bien qu’une libéralisation n’a pas
d’effet systématique de hausse ou de baisse des prix de
l’énergie.
- "EDF fournit un service de qualité depuis 60
ans, et aux prix les plus bas d’Europe depuis l’investissement en
nucléaire des années 1970 : pourquoi risquer, par des privatisations,
de mettre en péril ce service public apprécié des Français ?" Oui le
service d’EDF a été de qualité, lorsque ses agents n’ont pas coupé
délibérément le courant pour obtenir par la force des avantages qu’ils
n’obtenaient pas par la négociation. Non, le prix n’est pas le plus bas
d’Europe, nous l’avons vu. Mais dans sa prise de position, la CGT oublie
ce qui a changé :
- Le marché de l’énergie n’est plus
français, il est européen ;
- Il n’y a plus de monopole
pour la production, il y a concurrence en France et dans le reste de
l’Union européenne ; cette ouverture à la concurrence entraîne
mécaniquement des pertes de part de marché pour EDF, donc des
sureffectifs. Pour justifier les salaires de ces sureffectifs, ne pas les
payer à ne rien faire, ainsi que pour faire profiter les Français
d’économies d’échelle, EDF doit se développer ; pour se développer
l’entreprise a besoin d’argent ; pour accéder au marché mondial des
capitaux dans les mêmes conditions que ses concurrents, l’entreprise doit
être une société privée, où l’Etat peut rester majoritaire. Voilà pourquoi
la transformation en société de droit privé est indispensable.
Du
reste, même avec son futur capital ouvert à 30%, EDF continuera à
bénéficier d’emprunts à des conditions avantageuses, parce que son
actionnaire majoritaire est l’Etat français, solide et réputé bon
payeur.
- Le service public ne sera mis en péril par cette
future société de droit privé que si l’Etat, actionnaire majoritaire
absolu, se comporte mal, en ponctionnant ses fonds, en l’empêchant
d’investir ou en omettant d’imposer un cahier des charges de service
public. Le risque est le même que pour toute politique de service public,
de n’importe quel gouvernement : si elle est mauvaise ou
imprévoyante, les citoyens en pâtiront. Ce risque n’est nullement augmenté
par l’ouverture de 30% du capital, la CGT a tort de le faire
redouter.
- Il n’y a pas "privatisation" d’EDF, mais
ouverture de son capital. Le changement de forme juridique ne change en
réalité ni le pouvoir dans l’entreprise, ni son caractère tellement public
que l’ensemble des 30% d’actionnaires minoritaires ne pourra jamais s’y
opposer à l’Etat.
Toute la protestation contre ce changement de forme
juridique est du bruit fait pour rien : non seulement elle
n’empêchera pas l’évolution, mais le développement de l’entreprise qu’il
permet est dans l’intérêt des agents, dont les privilèges sont
préservés.
- "L’ouverture des marchés entraîne une hausse
des prix pour les usagers, qui paient pour rétribuer les
actionnaires."
Cet argument de la CGT est aussi faux que les
précédents. Les graphiques précédents ont montré l’absence de corrélation
entre prix de l’électricité et libéralisation. Et l’Etat restant aussi
maître de l’entreprise qu’aujourd’hui, il n’y a rien de changé pour les
clients - que la CGT s’obstine à appeler "usagers" parce qu’elle ne peut
se faire à l’idée qu’il n’y a plus de monopole, que ses abonnés ne sont
plus captifs.
Si des actionnaires doivent être rétribués un jour, grâce
à des prix assez élevés pour que l’entreprise fasse des bénéfices
substantiels, ce sera parce que l’Etat l’aura décidé, pour s’approprier
ces bénéfices, impôt déguisé sur l’énergie. En fait, l’arrivée
d’actionnaires privés ne se conçoit qu’avec un pacte, où l’Etat garantit
une rétribution de leur capital en échange des investissements
indispensables au développement de l’entreprise, investissements pour le
service public dont l’Etat est ainsi déchargé. C’est le même mécanisme que
pour le financement des autoroutes.
- "EDF vend du courant à
prix coûtant. Après privatisation les usagers paieront plus cher pour
enrichir les actionnaires."
Non, EDF ne vend pas au prix coûtant,
aucune entreprise ne peut le faire. Si elle le faisait, elle ne
disposerait pas des marges nécessaires pour investir et aurait besoin de
subventions incessantes, aux frais des contribuables.
- "Il
faudrait vendre l’électricité plus cher aux multinationales, qui sont
riches, et à ceux qui font des profits financiers." La discrimination
commerciale est interdite par les lois de l’Union
européenne.
- "Il faudrait regrouper EDF et GDF en un
monopole public de l’énergie, pour que ce monopole reste au service de
tous les Français et pour éviter qu’il prenne aux Français de quoi
rétribuer des capitalistes." Ces propositions sont cohérentes avec la
politique communiste de lutte des classes et du tout-Etat, à laquelle la
CGT n’a jamais renoncé.
- Malheureusement, elle n’est pas
compatible avec les principes d’égalité d’une société libérale et de
l’Union européenne.
- Elle est, en plus, absurde : en
décourageant les multinationales d’investir dans la production et le
transport d’électricité en France, elle prive les Français
d’investissements indispensables et les agents d’EDF du développement qui
justifie le maintien de leurs effectifs.
- Enfin, l’histoire
a montré que les solutions collectivistes sont désastreuses en économie,
ou au minimum incomparablement moins favorables au niveau de vie que les
solutions libérales ; c’est pour cette raison que l’Union européenne
a adopté des principes libéraux d’économie.
3.1 Quelques détails sur la CGT
Pour illustrer l’éthique et les
pratiques de la CGT, voici un extrait commenté de la contribution qu’elle
a fournie par écrit au Sénat au sujet du "service minimum" dont celui-ci
étudiait la possibilité. Cet extrait est dans l’annexe 2 du rapport 194
(98-99) du Sénat [7].
"La CGT,
respectueuse de ce droit [de grève] fondamental des salariés, s’oppose à
toute réglementation et même à (toute) forme de négociation de ce
droit..." Autrement dit, la CGT considère que la souffrance de centaines
de milliers d’usagers des transports, les pertes économiques de dizaines
de milliers d’entreprises et les centaines de millions de coût pour les
contribuables n’entrent pas en ligne de compte devant le droit absolu de
faire grève de quelques milliers de salariés des transports. _ Belle
affirmation d’égoïsme et de droit du plus fort !
"... ce droit des
salariés qui peut s’exercer même sans concertation
préalable."
Autrement dit, la CGT revendique le droit pour les salariés
de frapper d’abord, même avant toute tentative de dialogue, pour imposer
par la force la satisfaction de leurs revendications.
"C’est au
contraire l’interdiction de licencier ou de sanctionner tout salarié
exerçant une action revendicative qu’il faut assurer."
Et la CGT
réclame l’impunité pour ce genre de grévistes, quel que soit le mal qu’ils
ont fait au public.
"Aucun service minimum ne doit être instauré, ni
par la voie législative, ni par la voie réglementaire, encore moins par la
négociation avec les organisations syndicales..."
Toujours le droit
absolu des salariés d’obtenir par la force ce qu’ils réclament, quel qu’en
soit le coût pour le public pris en otage.
"Dans la santé, comme dans
le secteur de l’énergie, celui des transports, des communications et bien
d’autres, les salariés en lutte savent organiser les mouvements de grèves
afin que les services vitaux soient assurés ; souvent ce savoir-faire
était toléré par des directions. Ce savoir-faire a conduit plus récemment
à adopter des modalités d’action ne portant aucun préjudice aux usagers,
bien au contraire (gratuité des transports, des péages, basculement des
compteurs [EDF] en heures de nuit)."
La CGT est donc fière d’un
savoir-faire et d’actions parfaitement malhonnêtes et illégales au
détriment des entreprises de transport ou d’EDF, donc des contribuables,
en affirmant qu’elles bénéficient aux usagers. Elle a exprimé sa fierté
par écrit aux sénateurs dans un texte qui constitue une menace de recourir
à de telles actions.
De telles prises de position
montrent le caractère irresponsable de la CGT, qui se comporte ici comme
si l’Etat et les entreprises étaient infiniment riches et que les voler
n’est pas du vol. Avec de tels propos, la CGT ne peut s’adresser qu’aux
salariés incapables de distinguer ce qui est honnête de ce qui ne l’est
pas, et ce qui est possible de ce qui ne l’est pas.
Il est consternant que, dans son
rapport [7],
la Commission du Sénat n’ait pas commenté ce texte comme il le mérite. Il
est aussi consternant que personne, au Sénat, au gouvernement ou dans les
médias, ne l’ait porté à la connaissance du public pour faire éclater le
scandale d’une CGT au-dessus des lois !
Pour que l’on comprenne bien la
CGT, voici des extraits d’une interview au journal l’Humanité donnée le 11
mai 2001 par M. Bernard Thibault, son secrétaire
général :
"Dès lors qu’un licenciement pour motif économique réel
et sérieux intervient pour un ou plusieurs salariés, les employeurs
doivent être solidairement responsables, notamment dans une même branche
professionnelle ou un même territoire, pour formuler des propositions
concrètes à leurs personnels (nouvel emploi, congé de conversion,
reclassement, formation professionnelle...). La validité des propositions
doit être suivie par une commission territoriale tripartite (élus locaux,
organisations syndicales, patronat)."
"Cette obligation pour
l’employeur et cette garantie pour le salarié doivent se matérialiser par
le maintien du contrat de travail jusqu’à une solution durable,
satisfaisante pour le salarié. Elles doivent également s’appliquer pour
les groupes nationaux ou internationaux dont les décisions stratégiques
affectent tout autant les effectifs de leur firme que les emplois induits
par leur activité, entre autres parmi leurs sous-traitants."
Cette
demande de la CGT revient à rendre le licenciement impossible, puisque le
contrat de travail serait maintenu jusqu’à ce que le salarié ait reçu une
proposition qui lui plaise ! Les salariés pourraient ainsi impunément
formuler des exigences déraisonnables, comme de trouver exactement le type
de travail qu’ils aiment, quelle que soit leur qualification, tout près de
chez eux, avec un excellent salaire, etc., et refuser toutes les autres
propositions... tout en continuant à toucher leur salaire.
En outre, les entreprises
concurrentes de celle qui licencie devraient être solidaires avec elle
pour payer ses anciens salariés, comme si les entreprises avaient jamais
été disposées à épauler un concurrent en difficulté, comme si elles
étaient assez riches pour cela.
Si une loi rendait obligatoires
de telles dispositions, plus aucune entreprise n’embaucherait de salarié
avec un contrat à durée indéterminée, toutes les entreprises qui le
peuvent délocaliseraient, plus aucune société étrangère n’investirait en
créant des emplois en France. Les salariés en souffriraient énormément,
ils seraient les premières victimes. Et il est probable que l’Union
européenne s’y opposerait fermement en votant des lois contraires, lois
qui prévaudraient sur la loi française.
Avec des propositions aussi
irresponsables, la CGT ne défend pas les travailleurs, elle cherche
seulement l’adhésion de ceux qui manquent de discernement.
3.2 Les coupures de courant
du 7 juin 2004
Ce
jour-là, la CGT a procédé à d’importantes coupures de courant, qui ont
affecté la SNCF et le député UMP de Cahors. Le secrétaire général de
la fédération Mines-Energie de la CGT, M. Frédéric Imbrecht, a
revendiqué ces actions, destinées selon lui à faire pression sur le
gouvernement pour qu’il renonce à sa "privatisation d’EDF". Il a promis
d’autres actions spectaculaires si le gouvernement ne capitule pas devant
la volonté inébranlable de la CGT, présentée comme nécessaire à la sauvegarde
du service public. En d’autres termes, la CGT a recouru à des actions
illégales de sabotage économique et à des menaces contre le gouvernement
de la France, actions sans rapport avec le droit de grève.
Selon la SNCF, les coupures de
courant ont affecté plus de 250 trains et 500.000 voyageurs. Le coût
élevé pour la SNCF et l’économie française (perte de chiffre d’affaires
et d’heures travaillées) s’ajoute à la privation de liberté de voyager
des gens pris en otage, liberté qui est un droit constitutionnel.
La CGT, qui représente moins
de 4 % des salariés, c’est-à-dire moins de 2 % des Français, a une fois
de plus essayé d’imposer par la violence au reste des citoyens sa vision
communiste de notre société, et sa volonté de préserver un monopole
d’Etat contraire aux engagements européens libéraux de la France. Elle
a ainsi réaffirmé son mépris de la démocratie, qui veut que ce soit
le Parlement qui accepte ou refuse les propositions du gouvernement,
et son mépris du temps perdu des Français qui voyagent et de l’économie
du pays.
Interviewé le soir même sur LCI,
le Premier ministre s’est contenté de déclarer que cette forme de
contestation était malheureuse, et que pour défendre le service public il
faut lui permettre sa pérennité. Au lieu de faire son devoir, qui est de
faire respecter l’état de droit en traduisant en justice les syndicalistes
coupables, il a ainsi montré sa faiblesse, ce qui encourage la CGT à
recommencer, sûre de l’impunité. Quel scandale que cette preuve qu’en
France, en 2004, la CGT communiste est plus forte que le gouvernement
démocratiquement élu !
3.3 Le 8 juin et ensuite
Le lendemain 8 juin, les médias
ont constaté qu’une forte majorité de Français, à droite (exemple :
M. Patrick Devedjian) comme à gauche (exemple : M. Jack
Lang) désapprouvait l’action de la CGT. Si le gouvernement n’était pas
aussi faible, il en profiterait pour annoncer un référendum sur
l’obligation de continuité dans les services publics essentiels que sont
l’énergie et les transports en commun, c’est-à-dire l’interdiction ou la
très forte limitation du droit de grève dans ces secteurs.
Mais tout le monde a constaté
qu’aucune punition n’était envisagée contre les agents ou syndicats qui
ont coupé le courtant. Ces derniers en ont conclu que leur impunité était
assurée. Force Ouvrière, par la voix de son Secrétaire général Jean-Claude
Mailly, s’est associée au mouvement et a aussi revendiqué des coupures. Le
Groupe des dix, association de syndicats comprenant la centrale d’extrême
gauche SUD, en a fait autant. Chacune de ces organisations a eu peur
d’être débordée par les autres et par sa base, dont certains agents
voulaient effectuer des coupures jusqu’à ce que l’Etat cède en renonçant
au changement de statut. Les coupures de courant sauvages se sont
multipliées, sans qu’aucun membre du pouvoir ne parle de sanction ou
d’action en justice, sans qu’aucun se préoccupe de défendre l’état de
droit et la démocratie.
La CGT a lancé une grande
manifestation nationale pour le 15 juin, pour protester à la fois contre
le changement de statut d’EDF et la réforme de la Sécurité sociale, sujets
pourtant sans rapport entre eux. Et elle a invité les autres centrales
syndicales à s’y associer. En faisant l’amalgame entre des sujets
différents, la CGT, FO, SUD, etc. manifesteront pour manifester,
c’est-à-dire pour affirmer leur opposition idéologique aux institutions
libérales de la France et à ses engagements européens. Méprisant les
réalités économiques, ces organisations vont défiler au nom d’un
communisme dépassé, dont l’échec a été prouvé par l’Histoire, mais dont un
grand nombre de Français ne voient pas l’absurdité et l’impasse
politique.
4. Conclusions
- Ni le gouvernement ni la CGT n’énoncent les vraies
raisons de leur attitude. Le gouvernement n’ose pas avouer sa peur des
syndicats du secteur public, qui ont montré leur force dans les grandes
grèves de 1995. La CGT prétend défendre le service public pour obtenir
le maintien des privilèges de ses agents et son influence.
- Les privilèges actuels des agents EDF, supérieurs même
à ceux des fonctionnaires de l’Etat ou des collectivités locales, en
France et à l’étranger, dureront tant que personne n’aura le courage
de s’opposer à l’injustice et au coût économique qu’ils représentent.
- La CGT a une vision communiste de l’économie et de la société :
- L’Etat doit être propriétaire collectif de tous les moyens
de production, d’où la demande de fusion EDF-GDF en tant que monopole
national ;
- D’après la "science" du Matérialisme historique de Karl
Marx, le capitalisme est voué à sa perte, pour être remplacé par une
société communiste. De ce fait, toute action des masses prolétariennes
pour accélérer la fin du capitalisme est dans le sens de l’histoire,
même si elle est violente. C’est pourquoi les communistes de la CGT
considèrent que le sabotage de l’économie française par les grèves et
les coupures de courant sont un aspect logique de la lutte des classes
pour la fin du capitalisme et l’avènement du communisme ;
- L’Etat doit s’approprier les bénéfices éventuels, pour
les redistribuer ou en faire profiter le peuple, d’où le refus de la
concurrence et de l’économie libérale, commun à toute l’extrême gauche ;
- Beaucoup de gens manquent de confiance dans les étrangers.
Ils ne peuvent supporter l’idée que ceux-ci détiennent des actions d’EDF.
Exemple : M. François Bayrou refuse de "céder les centrales
nucléaires françaises à des retraités californiens". Mais ces mêmes
personnes réclament qu’EDF, entreprise publique, achète des actions
d’entreprises étrangères et intervienne dans les marchés d’autres pays.
C’est inéquitable, incohérent, contraire au droit européen. Et M. Bayrou
se prétend pro-européen !
- L’ouverture de 30% du capital ne change rien au fond :
l’Etat pourra continuer à :
- fixer les prix d’EDF, artificiellement bas pour subventionner
l’économie (hypothèse très peu probable) ou élevés, pour prélever une
sorte d’impôt sur l’électricité, ce qu’il fait aujourd’hui ;
- apporter de l’argent à l’entreprise (en capital, en compte
d’actionnaire, en prêt ou caution de prêt) ;
- privilégier les salariés d’EDF au détriment des fonctionnaires
ou du secteur privé, et aux frais des contribuables et des consommateurs
d’électricité.
- L’Etat, qui n’ose l’annoncer aujourd’hui, devra prendre
en charge les engagements de retraite d’EDF, en mettant les 50 milliards
d’euros correspondants à la charge des contribuables. C’est la seule
manière d’en décharger l’entreprise, qui n’aura jamais les moyens de
les inclure dans ses comptes. Cela représente une hausse de 5% de la
dette nationale de 1000 milliards d’euros en 2004, due à une seule entreprise,
à sa générosité excessive et à ses pratiques comptables détestables.
- M. Frédéric Imbrecht, de la CGT, appelle les abonnés
d’EDF des "usagers". Bien que, pendant l’émission "C dans l’air" [2],
on lui ait fait remarquer qu’un usager n’a pas de droits face à son
fournisseur alors qu’un client en a, il a continué à appeler les abonnés
d’EDF des usagers. Cela montre la mentalité des syndicalistes CGT, qui
ne peuvent s’habituer à la fin du monopole d’EDF.
- Le succès de l’ouverture de capital et la santé à long
terme d’EDF dépendent de la qualité du cahier des charges de service
public qui lui sera imposé : investir au fur et à mesure, en anticipant
les besoins, garantir la sécurité des centrales et du réseau, garantir
la fourniture de courant sur tout le territoire 24 heures sur 24, etc.
- Tant que le gouvernement français fera preuve de faiblesse
vis-à-vis des syndicats de fonctionnaires, l’économie française progressera
moins vite qu’elle pourrait le faire sans le boulet de l’immobilisme
et des avantages injustes et coûteux accordés aux privilégiés que ces
syndicats défendent.
Tant qu’il ne fera pas respecter l’état de droit, on lui manquera de
respect et on votera contre lui à chaque occasion.
Sources et références
[1] Le Monde du
27/05/2004 "Forte mobilisation contre le changement de statut d’EDF-GDF -
Les agents en grève n’ont pas été convaincus par les "garanties" sur le
maintien de leur statut et l’affirmation qu’EDF et GDF "ne seront pas
privatisées", martelées ces dernières semaines par le ministre des
finances, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre." téléchargé le
29/05/2004 de la page
http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-366526,0.html.
[2] France 5,
émission "C dans l’air" "Social : la méthode zig-zag" du 28/05/2004,
pages téléchargées le 29/05/2004 :
http://www.france5.fr/cdanslair/006055/185/114198.cfm et liste des invités
http://www.france5.fr/cdanslair/006055/185/114199.cfm.
[3] iFRAP
(Institut Français de Recherche sur les Administrations Publiques) pages
http://www.ifrap.org/0-ouvrirlesite/brevjanv03.html#edf ,
http://www.ifrap.org/0-ouvrirlesite/brevnov02.html#roussely ,
http://www.ifrap.org/2-fromages/edfdgf.html , téléchargées le
30/05/2004.
[4] Regards du
mois N° 70, octobre 2002, publié par la Direction du Personnel et des
Relations Sociales d’EDF
http://www.fnme-cgt.fr//contenu/doc/8969-fjoint_fnmeCGT.pdf téléchargé le
31/05/2004.
[5] Chiffres clés
d’EDF http://www.edf.fr/index.php4 ?coe_i_id=10141 ,
http://www.edf.fr/index.php4 ?coe_i_id=237 et
http://www.edf.fr/index.php4 ?coe_i_id=39 téléchargés le
31/05/2004.
[6] .Rapport
annuel 2003 d’EDF, téléchargé le 31/05/2004 de la page
http://www.edf.fr/html/ra_2003/pdf/edf_ra2003_full_vf.pdf
[7] Rapport 194
(98-99) du Sénat : Proposition de loi relative au service minimum en
cas de grève dans les services et entreprises publics téléchargé le
05/01/2004 de http://www.senat.fr/rap/l98-194/l98-194.html . Ce rapport
contient, dans son Annexe 2 - Contribution de la CGT, les extraits de
texte repris au paragraphe "Quelques détails sur la CGT".
Daniel MARTIN, le 29 juin
2004, http://www.dossiersdunet.com/article.php3?id_article=247