Une approche du Public Choice

Les théories favorisant l'intervention importante de l'État dans l'économie considèrent qu'il s'agit là de résoudre les imperfections du marché pour réaliser l'intérêt général.

Sans aborder la question des imperfections du marché, et en supposant même que l'intervention permettrait de résoudre ces imperfections, il convient de se demander si les hommes de l'État, c'est-à-dire les politiques et les fonctionnaires recherchent vraiment l'intérêt général.
En d'autres termes, si les hommes de l'État peuvent réaliser l'intérêt général, le veulent-ils ou leurs objectifs sont-ils différents ?

Les théoriciens du Public Choice répondent à cette question en désacralisant l'image des hommes de l'État. En effet, les décideurs politiques comme les fonctionnaires, sont avant tout des individus dont le comportement correspond à la maximisation de leurs avantages et à la minimisation de leurs coûts.
En ce qui concerne les fonctionnaires, leurs mobiles sont simples : obtenir de plus en plus de moyens.
Quant aux hommes politiques, pour Anthony Dawns, ce sont des " office seekers ", c'est-à-dire qu'ils cherchent avant tout chose à conserver leur poste de décideur et à en obtenir des postes leur conférant davantage encore de pouvoirs. Leur objectif est donc de se faire élire et réélire.

Selon Downs, le système démocratique va donc pousser les décideurs politiques d'un bord ou de l'autre, non pas à promettre le service de l'intérêt général, mais à satisfaire l'électeur médian (celui à partir duquel on peut définir 50 % d'électeurs plus à gauche et 50 % d'électeur plus à droite) dont dépend toute majorité.
Mais nous n'en sommes là qu'à la définition d'un programme, éventuellement démagogique et contradictoire visant à plaire au plus grand nombre.

Dans leur gestion, les hommes de l'État, s'éloigneront davantage encore d'un illusoire intérêt général.
Comme le démontrent James Buchanan et Gordon Tullock, les décideurs de chaque camp s'appuient sur une clientèle de groupes de pression (syndicats, associations, entreprises, groupes professionnels, …) dont ils servent les intérêts particuliers. Ils évitent donc les réformes qui peuvent se heurter à ces groupes, même si elles sont économiquement nécessaires. Par contre ils s'achèteront une clientèle politique en accordant des avantages aux minorités agissantes, ceci aux dépens des consommateurs et des contribuables. Ces faveurs lèsent pourtant apparemment moins qu'elles ne profitent à ses récipiendaires puisque la charge est partagée en un très grand nombre de consommateurs et de contribuables.
Ainsi les syndicats des transports obtiennent pour les salariés de cette branche des augmentations fréquentes, de fortes primes et des départs anticipés à la retraite, ces avantages très importants justifient la combativité des salariés de ces secteurs, et le coût à payer est diffusé à l'ensemble de la population, le préjudice subit par chaque électeur est donc suffisamment infime pour qu'il ne se mobilise pas contre l'attribution de cet avantage dont il n'a pas conscience en réalité de payer le coût.

Le Public Choice confirme là une grave défaillance de l'État puisque des décisions objectivement nuisibles à la majorité sont prises dans une optique électoraliste.

 

1. Frédéric Bastiat disait au milieu du dix-neuvième siècle : " L'État est cette grande fiction par laquelle chacun croît pouvoir vivre aux dépens de ses voisins . " Montrer que l'analyse du Public Choice confirme cette vision.

2. Trouver dans l'actualité des faveurs accordées à des groupes de pression, ces avantages participent-ils à la réalisation de l'intérêt général ?

3. En quoi l'électeur est-il floué par les hommes de l'État ?

On pourra ici montrer que l'effet d'ignorance rationnelle profite aux politiques, en effet l'électeur devrait consacrer beaucoup de temps pour s'informer suffisamment pour émettre un vote éclairé, alors que sa voix ne pèse presque pas, il est donc rationnel de ne pas passer trop de temps à s'informer pour si peu. Il réagira donc en fonction d'informations transmises par les media avant les consultations électorales sans chercher à creuser la désinformation dont il peut être victime.

Biblographie :

Anthony Downs, An Economic Theory of Democracy , New York, Harper, 1957.

James Buchanan, Gordon Tullock, The Calculus of Consent, Logical Fundations of Constitutional Democracy, University of Michigan Press, 1962.