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Opinion ou délit

Opinion ou délit ?


L'article "Opinion ou délit ?" rédigé par mes soins une veille de rentrée scolaire 2003-2004, fut l'objet récemment d'une publicité presse inattendue par Le Berry Républicain, journal local de sa région éponyme. C'est toujours agréable de voir que les articles de la presse on-line peut faire l'objet d'une recension dans les journaux, mais en l'occurrence les plumitifs auxquels je fais référence ont voulu détourner l'esprit de ce papier.

Je vous en laisse juge :

" Xavier Collet, enseignant lui­même à Gien, s'indignait d'un avis de grève, distribué aux enfants de l'école élémentaire, qui reprenait pour l'essentiel les mots d'ordres syndicaux nationaux. Si la position de M. Collet était solidement campée sur le principe de laïcité, on pouvait s'étonner de la véhémence du ton employé à l'encontre de ses « collègues »... Ce débat lancé par Xavier Collet n'est pas inintéressant en soi et il semble avoir pointé une réelle maladresse. Mais cet enseignant qui dénonce la politisation de ses collègues, et qui nous avait assuré réagir en simple citoyen, mène en fait à Aubigny, une belle opération « d'agit-prop » (agitation et propagande, terme utilisé par les groupuscules gauchistes en 1968).

... Ce site internet, pro-américain en diable, est édifiant, et parfois troublant. Notamment quand, au nom de la liberté d’opinion, Xavier Collet s’y étonne de la pénalisation des propos négationnistes. Il a été bien inspiré de ne pas avoir cherché à faire progresser ses idées sur ce terrain ces jours ci !"

En réalité toute prise de position pour défendre ma famille est désormais suspecte. Osant seul dénoncer la propagande qu'avait subi ma belle-fille de 8 ans dans son école et obtenant la reconnaissance d'une faute de la directrice, une certaine presse me répond que pour avoir obtenu le rappel au principe de laïcité je suis suspect. Il s'agit bien de montrer là qu'un état d'exception existe en faveur de certains intérêts, je parle bien entendu des syndicats enseignants, pour ne pas avoir reconnu cela on me menace. L'accusation ici est voilée mais réelle, le discrédit est jeté et dans les esprits il serait question de me faire passer pour un négationniste.

Mais sur ce terrain là je ne crains personne, il me faut pourtant ici éclairer les esprits tordus pour montrer à quel point le négationnisme constitue à mon sens une opinion (Petit Larousse : "jugement, avis émis sur un sujet" ; au pluriel "ensemble des croyances, des convictions philosophiques, religieuses, politiques d'une personne, d'un groupe" ) servant à défendre l'héritage de monstres collectivistes d'autrefois en minimisant leur face la plus abjecte. Le négationnisme est né dans les recoins de cortex aussi perturbés que ceux de tous les modernes Fouquier-Tinville qui en viendraient à me croire de ce camp là, soixante ans après il me semble percevoir sans trop de difficultés de quel côté  nos faiseurs de procès d'intention se seraient situés.

Mais voici donc l'explication de texte.

D'abord placer le contexte :

"En ces temps de rentrée scolaire dans un calme plat syndical, j’ai eu l’occasion de remettre la main sur une petite brochure distribuée dans les établissements d’enseignement et réalisée par le Conseil Régional d’Île de France. Ladite brochure de 4 pages en format A3 fut réalisée à l’occasion de la journée nationale de la déportation du 27 avril 2003."

Le deuxième paragraphe est particulièrement explicite :

"Le sujet en est intéressant et trouve tout à fait sa place dans l’éveil de l’esprit critique de nos chères têtes blondes. Il faut bien expliquer la folie des politiques, la nature des aberrations collectivistes, l’irrationalité de l’exaltation d’entités vides au mépris de l’individu. Il faut expliquer que des génocides, des massacres planifiés sont la résultante de la toute puissance des politiques lesquels ne peuvent se faire pardonner leur nullité que sur des boucs-émissaires."

Eh oui, ce que l'on appelle crime pour un individu perd ce qualificatif quand l'individu en question jouit de l'onction de l'Etat. Quand les droits inaliénables de l'individu que sont notamment le droit à la vie, à la propriété individuelle et à la liberté de parole sont livrés au bon vouloir des gouvernants, alors l'histoire peut recommencer ses horreurs avec des moyens techniques autrement plus perfectionnés que par le passé. Les camps de la mort ne sont pas un simple accident historique, ils résultent de la désignation de boucs-émissaires, victimes innocentes et nécessairement impuissantes pour servir d'exutoire à une bande de maniaques. La soif du pouvoir absolu peut attirer vers la politique des psychopathes, et quand les garde-fou institutionnels, le respect d'une constitution basée sur les droits de l'homme sont bafoués, craignons le pire. C'en en ces moments là que le poids des réalités s'opposant aux délires des gouvernants les mène à désigner des coupables, des saboteurs : koulaks, Juifs, finance ou ploutocratie internationale (juive bien souvent évidemment), ...

La soif de pouvoir politique est mentalement pathogène, elle permet de rendre légal les pulsions jusque là refoulées. Constitutions et lois ne sont que des bouts de papiers quand face au pouvoir ne se lèvent plus les défenseurs des libertés individuelles.

Voila donc ce que devrait expliquer toute brochure traitant de la Shoah car dénoncer ne sert à rien si l'on ne se donne pas suffisamment la peine de prévenir.

"5 100 000 juifs ont été méthodiquement exterminés par les nationaux-socialistes durant la seconde guerre mondiale, cette brochure voulait le montrer mais aussi expliquer l’horreur puisque son titre se trouve être « Comment on en arrive là ? ». "

Ce troisième paragraphe peut me valoir l'accusation d'une comptabilité morbide, en réalité je ne reproduis que le chiffre indiqué dans la brochure, je m'en tient personnellement au chiffre de 6 millions de Juifs exterminés.

"Me vidant l’esprit un moment j’ai lu ces 4 pages en espérant comprendre la dissection de l’horreur, m’attendant peut être à « La route de la servitude ». Alors, je me suis imaginé vierge de toute culture politique et j’ai commencé ainsi ma lecture : « Quand on a arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand on a arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste … ». dans cette énumération, on arrêtait les Juifs ensuite, ils étaient pourtant les premières victimes et cela dès 1933. Bien sûr cela sera dit ensuite, mais l’impression que je pourrais en garder est que les communistes étaient les premières victimes désignées des nationaux-socialistes, leur idéologie devait donc être aux antipodes. Si je ne savais que cela d’eux, je me serais dit qu’ils devaient être bien ces communistes, aussi humains que les nazis sont barbares."

Ce quatrième paragraphe est très clair, il me vient à l'esprit la réflexion d'un internaute libéral de Leipzig qui m'avait avoué avoir toujours cru avant la chute du mur de Berlin que les victimes principales des nazis étaient les communistes. Cette sorte de révisionnisme convenait tout à fait pour donner une posture héroïque aux communistes, oubliant au passage la lune de miel du pacte germano-soviétique et la volonté de l'Armée Rouge de retarder l'entrée dans Varsovie pour laisser les insurgés du Ghetto se faire massacrer. Et puis cette fameuse tirade du pasteur Martin Niemöller commence par parler des communistes, puis des socialistes, ... elle convient tout à fait, surtout dans le contexte d'une campagne des régionales qui s'annonce serrée alors qu'un conseiller écologiste avait fait défection à la gauche et laissait le Conseil Régional d'Ile de France sans majorité.  

Enfin au-delà de la politique politicienne, il est ridicule et inquiétant de vouloir considérer communisme et nazisme comme des régimes opposés alors qu'ils sont idéologiquement et dans leurs pratiques des cousins germains

"Je continue une lecture factuelle, puis je termine pour apprendre que la liberté de dire des conneries est vachement limitée. Ainsi à la question du racisme il est précisé que le racisme n’est pas une opinion mais un délit puni d’une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison et 200 000 francs d’amende. Concernant la négation de l’existence des chambres à gaz, j’apprends que la loi Gayssot a fait du négationnisme non une opinion mais un délit."

C'est ce paragraphe là qui me ferait passer pour négationniste ? Ce simple commentaire de la loi Gayssot, ancien ministre communiste des transports ? Est-il donc permis de critiquer la loi Gayssot ? Car effectivement je la critique, mais pas spécifiquement concernant le négationnisme mais dans son principe. D'abord ces explications sur la loi Gayssot n'ont strictement rien à foutre dans une brochure sur la Shoah. On ne peut pas faire passer comme message aux lycéens qu'il ne faut pas émettre des propos racistes ou négationnistes car c'est puni par la loi. Une telle démarche est contre-productive, maladroite comme l'est tout discours aux jeunes qui ne serait basé que sur la pénalisation, croyez-vous que la pénalisation des insultes aux enseignants ait conduit à la disparition du fait. Dire "ce n'est pas une opinion c'est un délit" pose un problème de compréhension chez les jeunes, surtout chez les moins raisonnables et les plus transgressifs. Ce message ne parle pas, il ne s'explique pas, il tranche sur le mode "bien - pas bien" entre l'opinion - forcément noble et respectable selon l'éducation civique - et le délit. Noblesse de l'opinion ? A cela un scénariste bien connu avait répondu "les opinions c'est comme les trous du cul, tout le monde en a une".

Et je rajouterais à cela que la caractéristique d'une opinion ne réside en rien en sa noblesse, toutes les opinions ne se valent pas. Mais l'opinion n'est pas le délit, aussi repoussante que soit cette opinion, le délit, que dis-je le crime, c'est la mise en pratique de certaines opinions et nous savons tous comment cette mise en pratique peut se produire.

"J’imagine alors un gros malaise pour le lycéen libéral qui devait penser que la liberté d’opinion et d’expression était un garde-fou contre de nouvelles horreurs politiques. Non finalement, les jeunes doivent être éduqués continuellement à découvrir que certaines opinions sont louables et d’autres ne sont tout simplement pas des opinions."

Je vous renvoie là au commentaire du deuxième paragraphe. Je ne suis plus lycéen depuis longtemps et je ne me cherche pas une opinion, j'ai déjà la mienne et elle me sert à renvoyer dans leurs filets ceux dont les prises de position ne sont que tissus de conneries. Je n'ai pas personnellement la combativité de Voltaire pour défendre le droit à l'expression desdites conneries, non je préfère écrire afin de défendre mes propres positions et au besoin enterrer par faits et arguments les positions aberrantes, dont celle de négationnisme. Certains me diront que ce n'est pas par des arguments rationnels qu'on retire de l'esprit de certains des idées qui ne s'y sont pas implantées par la raison, certes, mais si il faut aussi parler au coeur et à la sensibilité des brutes vous vous y prenez fort mal.

D'autres m'ont déjà dit que la défense du libéralisme sous tous les plans est un danger et que je devrais un jour ou l'autre payer ma dévotion au grand capital et à l'impérialisme américain. Ces autres là se verraient bien au pouvoir pour mettre en application leurs menaces, et à ceux là petits nazis ou petits Khmers rouges, aussi négationnistes ou racistes qu'ils soient, je dédis ces quelques strophes qui commenceraient par :

« Quand on a dit que le négationnisme était un délit, je n’ai rien dit, je  n’étais pas négationniste.

Quand on a dit que le racisme était un délit, je n’ai rien dit, je n’étais pas raciste.

Quand on a dit que l’irrésolution politique devait être combattue, je n’ai rien dit, j’avais mes opinions. 

Quand on m’a dit que mon opinion était devenue un délit, il ne restait plus que les collectivistes pour parler … »

 Xavier COLLET


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